Les vœux des lycéens pour leur entrée dans l'enseignement supérieur commencent à être examinés par des commissions dans les universités et déjà certaines fac pointent l'impossibilité de classer tous les dossiers. Or ce classement est nécessaire pour la gestion et l'affectation des candidats par la plateforme Parcoursup

Parcoursup, entrer dans l'enseignement supérieur, ou pas ?
Parcoursup, entrer dans l'enseignement supérieur, ou pas ? ©

Une quinzaine d’universités sont toujours bloquées à cause de l’opposition à la réforme d’entrée à l’université. Certains présidents d’universités refusent de classer les demandes des étudiants sur Parcoursup, par principe, mais aussi par manque de moyens.

La machine risque de se gripper

C'est le cas au département de sciences de l'éducation de l'université de Paris-Nanterre. Les enseignants ont voté une motion où ils ont décidé de donner un avis favorable à tous les candidats, considérant qu'ils ne pouvaient pas les départager sans faire de la sélection par les notes. 

2 274 demandes pour la première année de licence en sciences de l'éducation pour 76 places seulement. Les enseignants étaient prêts à examiner chaque dossier, mais vu le volume, c'est impossible sans recourir à une sélection par les notes. Ce que refuse Claire Ganne et ses collègues.

Claire Ganne elle est présidente de la commission d'examen des vœux pour Parcoursup au département de sciences de l'éducation : "On nous dit que le classement par les notes ce n'est qu'une aide à la décision, qu'on peut étudier individuellement les dossiers, c'est faux ! Comme on ne doit laisser aucun ex æquo dans la liste de classement, vous ne pouvez pas départager les dossiers entre le 532e et le 533e si vous n'avez pas le droit de faire du tirage au sort entre les deux et si vous refusez d'utiliser les notes pour classer. Parce qu'on n'est même pas sur les notes nationales du BAC, mais seulement les notes obtenues au lycée qui sont extrêmement variables selon les contextes." 

Restent les lettres de motivation, les CV. Là encore, c'est biaisé selon l'aide dont a bénéficié le lycéen. 

Pour Claire Ganne, le ministère adresse aux universités ce message paradoxal : "Vous n'êtes pas sélectifs, vous devez dire oui à tout le monde mais par contre vous n'avez pas les places pour accueillir tout le monde. Donc on est pris dans cette contradiction, mais on la rejette sur nous et on nous dit qu'on est responsables de cette contradiction." 

Face à cette impasse, ce sont les recteurs qui pourraient traiter les dossiers. Mais de quelle manière ? Aucune réponse pour le moment. 

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