Les conseillers d'orientation et les coachs dans ce domaine croulent sous les demandes d'aide face au dispositif Parcoursup, pour guider les bacheliers vers les études secondaires.

Le site de Parcoursup
Le site de Parcoursup © AFP / THIERRY THOREL / CrowdSpark

L'angoisse des élèves de Terminale pour leur avenir n'a pas disparu avec l'arrivée de Parcoursup, la nouvelle plateforme d'inscription à l'université, à en croire les coachs en orientation : ils croulent sous les demandes d'aide face un dispositif dont ils ne maîtrisent pas toutes les règles. 

"Cette année, on m'a contactée dès début septembre, beaucoup plus tôt que d'habitude", raconte à l'AFP Delphine de Guillebon, conseillère d'orientation dans le réseau privé de consultants Eureka Study. 

Suite aux ratés d'APB, la plateforme d'admission post-bac enterrée pour avoir laissé trop de jeunes sur le carreau, les familles ont pris conscience de l'importance de réfléchir tôt à l'orientation de leurs enfants.  

Certains s'adressent donc à des réseaux de coaches privés, comme Eureka Study. Cette société a doublé son chiffre d'affaire, car les demandes des familles ont grimpé en flèche. Les cabinets de conseil en orientation scolaire facturent leurs prestations entre 300 et 1.000 euros (bilan de personnalité, point sur les compétences et les envies, accompagnement pour s'y retrouver sur Parcoursup...).

"La nouvelle procédure inquiète les parents, qui se demandent comment la sélection va être mise en oeuvre" par les facs, souligne Alexandre de Lamazière, directeur de l'Odiep, un des principaux cabinets de coaching scolaire. "Pour l'instant, ce n'est pas très clair".  Il craint un engorgement du système: "les voeux n'étant plus classés, les universités vont devoir traiter les dossiers +à la main+, ce qui ne sera pas une mince affaire".

Faudra-t-il avoir également des qualités  extra-scolaires ?   

Les futurs étudiants ont pu commencer à s' inscrire sur la nouvelle plateforme et ont jusqu'au 13 mars pour remplir leurs souhaits. 

Les réponses des universités arriveront à partir du 22 mai.  Les lycéens doivent signaler  un maximum de 10 voeux (contre 24 l'an dernier), et pas de classement. Surtout, les candidats vont devoir répondre aux "attendus" des universités - compétences et connaissances requises - pour suivre une filière donnée.  

A ce  jour les adultes, parents ou professionnels, ne peuvent pas dire ce que donnera ce nouveau dispositif. Pour les meilleurs élèves il n'y aura sûrement pas de problème.  Mais qu'adviendra-t-il pour les élèves dont les dossiers sont moyens ?  Enseignants et professionnels de l'orientation se retrouvent sous le feu des questions mais sont eux-mêmes dans l'incertitude sur bien des points.  

Le groupe CRCE du Sénat, à majorité communiste, organise un recours en référé auprès du Conseil d'État pour obtenir la suspension de l'arrêté qui met en place la nouvelle plateforme. 

Le groupe "agit ainsi pour contraindre le gouvernement à respecter les droits du Sénat et pour réaffirmer son attachement au libre accès des bacheliers à l'enseignement supérieur qui est une des composantes majeures du pacte républicain", écrit-il dans un communiqué. 

Pour ces sénateurs Parcoursup est déjà en train devenir non pas un outil d'accès aux études supérieurs, mais une base  pour permettre aux universités  de sélectionner les étudiants de leur choix. 

Sans compter que le processus se met en route avant que le Sénat n'ait voté la loi. 

Le projet de loi sur l'accès à l'université sera discuté par le Sénat les 7 et 8 février. 

Contre le Projet de loi Orientation et Réussite et la plateforme Parcoursup, une coordination nationale de l'éducation à l'initiative de l'Association des sociologues du supérieur et le collectif "Sauvons l'université !" se met en place. 

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