Le ministère de l’enseignement supérieur aurait-il oublié de se préoccuper des élèves en situation de handicap ? Toujours est-il que telle qu'elle existe aujourd’hui, la plate-forme d'admission post bac lancée en 2018, ne prévoit rien à destination de ce public étudiant.

Quelle place pour les étudiants handicapés dans la nouvelle plate-forme Parcoursup ?
Quelle place pour les étudiants handicapés dans la nouvelle plate-forme Parcoursup ? © AFP / FRANK MAY

Est-ce un oubli ? Les familles des élèves handicapées évoquent pour leur part une régression au sujet du dispositif Parcoursup et de l'absence de prise en compte de la spécificité des situations de handicap. 

En effet, la nouvelle plate-forme d'orientation post bac lancée par le gouvernement en janvier dernier pour remplacer le très décrié système APB, semble ne pas tenir compte des 5000 élèves handicapés qui souhaitent suivre des études supérieures. 

Dans le système précédent, dans de nombreuses académies, l'administration mettaient en place des commissions afin d'examiner spécifiquement les souhaits d'orientation des futurs étudiants en situation de handicap. Ces commissions médicales qui disparaissent permettaient aux enseignants de mentionner le handicap d'un jeune, qui pouvait par exemple expliquer l'absence de notes sur un semestre liée à une hospitalisation...

« Ces commissions permettaient aux chefs d’établissement de faire remonter les situations qui demandaient un examen particulier du dossier, de façon à ce qu’ils ne soient pas évalués négativement à cause de leur handicap. »Bénédicte Kail, conseillère nationale éducation à l'association des paralysés de France (APF).

Cette étude au niveau académique de leurs vœux et de leurs dossiers permettait d'examiner au mieux la situation de ces élèves. Certes ces commissions spéciales n’existaient pas dans toutes les académies mais avec Parcoursup, elles sont tout simplement supprimées. Les dossiers de ces étudiants handicapés seront étudiés comme n'importe quel autre dossier sans tenir compte de leurs besoins spécifiques. 

C'est seulement en fin de parcours que leur demande seront étudiées par le rectorat s'ils se retrouvent sans formation après le bac. Alors que la ministre Frédéric Vidal assure qu'il n'y aura pas d'étudiants handicapés laissés de côtés, les associations s'interrogent et s'inquiètent quant à la précipitation dans la mise en place de ce nouveau système post-bac.  

"Notre demande n’est pas qu’ils soient prioritaires ou pris alors qu’ils n’ont pas le niveau. Mais si un jeune est pris dans 3 BTS, et que la commission lui permet d’intégrer le plus accessible pour lui, et bien qu’on le fasse" poursuit Bénédicte Kail.

Des membres du conseil national consultatif des personnes handicapées rencontrent des membres du cabinet de la ministre ce lundi en fin de journée afin d'évoquer cette question. 

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