250 personnes rassemblées pour un débat dans la salle François Mitterrand de la petite commune de Bourg-de-Péage dans la Drôme ont eu la surprise de voir le président de la République s'inviter parmi eux.

Emmanuel Macron à Bourg-de-Péage
Emmanuel Macron à Bourg-de-Péage © AFP / EMMANUEL FOUDROT / POOL

Il est arrivé discrètement , par la porte située au fond de la salle, a serré quelques mains avant de présenter ses excuses.

"Je ne veux pas monopoliser la parole" : Emmanuel Macron s'est  invité jeudi à un débat citoyen à Bourg-de-Péage (Drôme) et a longuement pris la parole. Les échanges avec les Drômois présents ont duré trois heures. 

Ce n'était pas officiellement prévu au programme de l'Elysée. Après une journée marathon dans le département avec un déjeuner d'au moins deux heures et demi avec une soixantaine d'élus à Valence et la visite d'un Ehpad, le président de la République est arrivé vers 18h à la salle François Mitterrand de la petite commune de 10.500 habitants, fief de son ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume.  

"Pardon de m'inviter au dernier moment", a-t-il lancé. Les forces de l'ordre, à cran, s'attelaient au dernier moment à sécuriser la zone tout en filtrant les quelque 250 personnes inscrites au débat, dont une poignée vêtues de gilets jaunes.  

ISF, éducation nationale, glyphosate, emploi et même cyber-sécurité et courses hippiques, ont été les sujets abordés.  Sur le glyphosate par exemple, il a reconnu que la France ne parviendrait pas à s'en passer à 100%  d’ici trois ans, contrairement aux engagements qui ont été pris. Il a défendu le système du bonus malus pour les entreprises qui abusent des contrats courts : "la vraie inégalité c'est le chômage" a dit le chef de l'Etat, qui a également assuré que la taxe d'habitation serait bien in fine supprimée pour tous les Français.

Il a parfois été applaudi et la parole a été distribuée dans la bonne humeur par l'hôtesse de la soirée, la maire PS de Bourg-de-Péage, Nathalie Nieson. Toutefois, comme à son habitude, le président est resté ferme face aux critiques.  "Est-ce qu'il y a deux ans, quand il y avait l'ISF, on vivait mieux et il y avait moins de SDF ? Non, je ne l'ai pas fait pour faire un cadeau à des gens". "Ben si", répond en cœur l'assemblée. "Non, c'est pas vrai", rétorque Emmanuel Macron.

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Emmanuel Macron répond à une question sur son passé de banquier

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Puis arrive le sujet des banques, quelqu'un rappelle la proximité du président avec la banque Rotschild. Et, face à une salle qui bruisse, le président revient sur l'image de banquier qui lui colle à la peau sur les ronds-points.  "Vous savez, je suis pas un héritier moi, je suis né à Amiens (...) Si j'étais né banquier d'affaires, vous pourriez me faire la leçon. Si j'étais né avec une petite cuillère dans la bouche ou fils de politiciens, vous pourriez me faire la leçon. Ce n'est pas le cas". 

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Macron, invité surprise à Bourg-de-Péage

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Dans la salle, beaucoup de retraités, de chefs d'entreprise. Certains impressionnés comme cette ancienne institutrice en "Zep" qui "ne s'attendait pas du tout à rencontrer (le président) aujourd'hui".  

"Toute ma vie j'ai rêvé d'un cours préparatoire à 15 élèves", commence-t-elle, "ravie" que les classes de CP soient désormais limitées à 12 élèves en "Zep". Et de demander au Président, trémolos dans la voix, comment on en était arrivés à la crise des "gilets jaunes". "On a assigné des gens à résidence", a reconnu Emmanuel Macron. Et "le seul moyen de le corriger, c'est d'abord l'école", opine-t-il. 

A 21h15, Emmanuel Macron a conclu les débats, s'attardant quelques minutes avec des citoyens et promettant déjà des "mesures très concrètes à l'issue du débat".

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