Après les affrontements violents du 7 mars, les parents veulent alerter les pouvoirs publics quant à l'urgence et la nécessité de moyens supplémentaires.

Le rassemblement des parents et des enseignants contre les violences policières et pour des moyens supplémentaires.
Le rassemblement des parents et des enseignants contre les violences policières et pour des moyens supplémentaires. © Radio France / Ouafia Kheniche

Le 7 mars dernier au lycée Suger à Saint Denis, 55 élèves ont été emmenés au poste après de violents affrontements qui avaient opposé jeunes et forces de l’ordre devant l’établissement. Trois semaines plus tard, les parents d’élèves ne décolèrent pas. Ils appellent à un rassemblement ce soir (mercredi) à 18 heures pour réclamer des effectifs supplémentaires dans le lycée, faute de quoi, disent-ils, la situation risque à nouveau de dégénérer. Mardi matin, dans les rues du quartier populaire les Francs-Moisins où se trouve le lycée, les parents d’élèves tractaient pour mobiliser les élèves et inciter les parents à venir à ce rassemblement.

55 arrestations, deux incendies, des gardes à vue, de adolescents menottés…Le 7 mars dernier, le Lycée Suger a beaucoup fait parler de lui. Les parents d’élèves, en sont encore meurtris, blessés parce qu’ils estiment que la police a maltraité les enfants de cet établissement et blessés aussi par le déficit de communication entre eux et la direction de Suger et par la manipulation politique et médiatique faite autour de cette événement. Jean-Jacques, Katia et Zergui tractent ce mardi matin devant la grille du lycée. Dans le texte qu’ils ont rédigé, ils évoquent aussi le manque de moyens de cet établissement sans doute la cause principale des problèmes de cette établissement.

Katia, maman d’un élève de seconde, ne souhaite pas quitter l’école publique mais elle ne comprend pas que cette institution ne soit pas mieux protégée et mieux traitée par l’Etat. Pour elle, les problèmes sont chroniques et récurrents et résultent en grande partie de ce manque d’effectif criant.

Ce constat est partagé par Dominique, enseignant en lettres et Histoire. D’autres professeurs sont présents eux et soutiennent l’action des parents d’élèves. Car dans cet établissement situé dans le quartier populaire des Francs-Moisins dans le département le plus pauvre de France, la Seine-Saint-Denis, Dominique estime que l’Etat devrait pouvoir mettre en place des moyens à la hauteur des enjeux sociaux.

Si une partie de l’équipe enseignante est présente et solidaire, l’administration souffre aussi de cette situation. Notamment les surveillants, en première ligne au moment des conflits avec les élèves. Akram et ses huit collègues gèrent le quotidien d’un établissement de 1200 élèves… une véritable gymnastique qui peut même parfois ressembler à un enfer.

Ce mercredi soir à 18 heures, professeurs et parents seront donc rassemblés pour défendre le lycée Suger, leur lycée public, celui qu’ils ont choisi et où ils voudraient bien rester.

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