Alors que la voiture occupe 50% de l'espace public à Paris, la municipalité veut rendre les rues aux piétons.

Depuis mai 2016, les Champs-Elysées sont déjà piétonisés tous les premiers dimanche du mois.
Depuis mai 2016, les Champs-Elysées sont déjà piétonisés tous les premiers dimanche du mois. © Maxppp / Bruno Levesque

"Il s’agit de remettre la voiture à sa juste place" explique Christophe Najdovski. L'adjoint EELV aux Transports de la maire PS Anne Hidalgo ajoute que la voiture"occupe aujourd’hui 50% de l'espace public pour 13% des déplacements, alors que dans le même temps, la marche représente 60% des déplacements à Paris". Ce lundi donc, le Conseil de Paris se penche sur un nouveau plan piétons pour "favoriser la marche" en la rendant à la fois plus accessible et plus agréable.

Une enveloppe totale d’environ 90 millions d’euros

D'ici 2020, l’exécutif parisien souhaite que Paris devienne une zone où l'on roule à 30 km/h maximum, en dehors des grands axes à 50 km/h. La transition est censée se faire en douceur : espaces végétalisés et aménagés, trottoirs élargis, axes routiers "apaisés"…. Des dizaines de projets qui ont pour objectif de développer une continuité de parcours piétonniers :

  • Réaménagement de places parisiennes comme celle de l’Opéra dont le parvis sera agrandi ou la place du Colonel-Fabien, qui est "aujourd'hui un rond-point" selon Christophe Najdovski. (en plus des travaux déjà annoncés sur les 7 grandes places).
  • Une rue aux enfants piétonnisée par arrondissement, avec jeux et marquages au sol.
  • Des zones de rencontres seront instituées où la voiture roule toujours, à un maximum de 20 km/h, "mais n'a plus la priorité" sur le piéton ou le cycliste.
  • Comme à Lyon, des places de stationnement deviendront terrasses ou espaces de repos avec bancs.
  • Un fil d'Ariane tactile aidera les non-voyants à se repérer sur les places.
  • Dans les IIIe et IVe arrondissements, la municipalité aimerait "supprimer le trafic de transit" en réservant les axes routiers aux bus, taxis, véhicules de livraisons et aux riverains.

"Nous faisons ce que toutes les grandes villes font", dit Christophe Najdovski qui développe son argument favori : la marche c’est "bon pour la santé, non polluant et facteur de revitalisation économique".

Les centres-villes européens bientôt tous piétons ?

Du péage urbain à Londres aux zones piétonnes de Bruxelles, nombreuses sont les capitales européennes à avoir engagé une politique de restriction de la voiture. Avec 50 hectares fermés à la circulation autour de ses places Fontainas, de Brouckère et Grand-Place, Bruxelles a ainsi la plus grande zone piétonne d’Europe. À Londres, les piétons sont devenus cyclistes après la mise en place du péage urbain en 2003. En dix ans, le nombre de londoniens qui se rendent au travail en pédalant a doublé. Mais en terme de vélo, la petite reine c’est Copenhague où il y a désormais plus de vélos que d’automobiles (265.700 contre 252.600). De son coté, depuis janvier 2015, Madrid met à l’amende les automobilistes qui stationnent en centre-ville sans y vivre s'ils n’ont pas de place dans l’un des 13 parkings officiels.

En France, le piéton a également la cote à Montpellier et Metz (plateaux piétonniers supérieurs à 50 ha), à Strasbourg (12 km de rues réservées aux piétons), ou encore à Bordeaux (avec ses 1,25 km la rue Sainte-Catherine est la plus longue d’Europe). Le pionnier français en la matière restera La Rochelle, qui dès 1970, fut la première ville à disposer d'un secteur piéton.

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