La conférence de presse de François Molins samedi
La conférence de presse de François Molins samedi © capture d'écran

L'enquête progresse concernant les sept terroristes tués au terme d'une nuit d'horreur. Des passeports égyptien et syrien a été retrouvés. Ce dernier aurait transité par la Grèce. Des interpellations ont été réalisées en Belgique et à Courcouronnes.

L'État islamique a revendiqué en fin de matinée les attentats de Paris. Il affirme que "huit frères portant des ceintures explosives et armés de fusils d'assaut ont visé des sites choisis soigneusement au coeur de Paris".

Mais cette revendication ne facilite pas pour autant le travail des enquêteurs.

Trois terroristes se sont donnés la mort près du Stade de France, tandis qu'un autre s'est fait exploser dans un restaurant du boulevard Voltaire. Trois autres sont morts au Bataclan. Samedi en fin de journée, le procureur de Paris, François Molins, a avancé lors d'une conférence de presse l'existence de trois équipes coordonnées de terroristes.

Un des kamikazes fiché pour ses liens avec les islamistes radicaux

Une fiche S, qu’est-ce que c’est ?

La fiche S est l’une des sous-catégories du fichier des personnes recherchées, lequel comporte quelque 400.000 noms. On y retrouve, pêle-mêle, grand banditismes, mineurs fugueurs, terroristes, antinucléaire… La catégorie S, pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », regroupe les personnes soupçonnées en France ou à l’étranger de visées terroristes ou d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Elle ne suppose pas que la personne fichée ait elle-même commis un crime ou un délit, il peut suffire qu’elle soit simplement en lien avec un terroriste. On compterait, selon les sources, entre 5.000 et 10.000 fiches S. Elles n’entraînent aucune action automatique de coercition à l’encontre de la personne fichée en cas de contrôle d’identité par exemple. Elle contient l’état civil, le signalement, la photographie, les motifs de recherche, mais aussi, notamment, la conduite à tenir en cas de découverte. Par ailleurs, chaque pays peut décider de supprimer une fiche de la base de données s’il estime qu’elle est caduque. Le djihadiste patenté y côtoie l’écoterroriste, l’ultra de stade et le zadiste de Notre-Dame des Landes. Elles sont, davantage qu’un voyant d’alerte, en quelque sorte une balise au service d’enquête, et un moyen d’indiquer la conduite à tenir en cas de contrôle d’identité par exemple.

Le cadavre de l'un des assaillants du Bataclan a été identifié comme étant Omar Ismaïl Mostefaï, un Français de 29 ans né à Courcouronnes en banlieue parisienne, et repéré pour ses liens avec les islamistes radicaux. Son identification a été possible grâce à une empreinte digitale prélevé sur un doigt amputé. Selon le procureur de Paris, sur son casier judiciaire, huit condamnations entre 2004 et 2010, toutes de droit commun. Il n’a jamais été incarcéré. Une fiche S est établie à son nom en 2010 pour radicalisation.

Six personnes de l'entourage d'Omar Ismaïl Mostefaï, sont ce dimanche en garde à vue, notamment son père et son frère ainsi que la femme de ce dernier. Par ailleurs, une voiture Seat noire qui aurait été utilisée au cours des fusillades vendredi soir a été retrouvée à Montreuil, à côté de Paris.

Le frère du terroriste, âgé de 34 ans, s'est présenté à l'hôtel de police de Créteil avant d'être placé en garde à vue. Son père a été également placé en garde à vue.

Les deux hommes ont été arrêtés dans l'Essonne et dans l'Aube. Des perquisitions sont en cours à leurs domiciles, respectivement à Bondoufle (Essonne) et à Romilly-sur-Seine (Aube). D'autres interpellations et perquisitions dans son entourage familial ont été opérées.

Un passeport serait passé par la Grèce

Un passeport syrien a été retrouvé près du corps d'un des kamikazes près du Stade de France. Un passeport qui serait passé par la Grèce en octobre. De source policière grecque, on indique que le propriétaire du passeport était un jeune homme d'une vingtaine d'année arrivé à Leros avec un groupe de 69 réfugiés et que ses empreintes ont été prises par les autorités à ce moment-là. La police n'a pas voulu donner son nom.

Au sein de la police grecque, on indique que les autorités françaises ont demandé à d'autres pays en Europe, dont la Grèce, de faire des recherches au sujet de ce passeport.

Ce soir on apprend qu'un deuxième homme soupçonné d'avoir été l'un des auteurs des attentats de vendredi soir à Paris est très certainement entré en Europe via la Grèce.

Une deuxième équipe en fuite en Belgique ?

Trois personnes résidant en Belgique ont été arrêtées lors d'une opération de police à Bruxelles, "en connexion avec une voiture Polo grise louée en Belgique retrouvée devant le Bataclan", a indiqué le ministre belge de la Justice. Parmi ces personnes, un Français qui avait loué cette voiture. A Paris, en effet, plusieurs témoignages ont fait état d'assaillants arrivés à bord d'un véhicule immatriculé en Belgique. En outre, des tickets de parking ont notamment été retrouvés dans une Polo grise louée en Belgique garée devant le Bataclan. Ces éléments ont mené les enquêteurs jusqu'à la ville belge de Molenbeek, près de Bruxelles, où plusieurs arrestations ont eu lieu.

A Londres , un Français de 41 ans originaire de Vendôme, dans le centre de la France, a été arrêté dans l'après-midi à l'aéroport de Gatwick en possession d'une arme. Il a été interpellé dans la matinée et le terminal nord avait alors été évacué suite à son comportement suspect. Il avait jeté un objet dans une poubelle.

Ce que l'on sait des terroristes
Ce que l'on sait des terroristes © idé
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