Les kiosques à journaux de la capitale feront peau neuve d’ici 2019. Fini la ligne haussmannienne, mais certains Parisiens ne l'entendent pas de cette oreille.

Kiosque parisien
Kiosque parisien © AFP / BERTRAND GUAY / AFP

Une cabine métallique vert sombre, un dôme sur le toit entouré de frises et d'ornements métalliques : les kiosques à journaux de la capitale font partie du quotidien des Parisiens et des touristes. Ce modèle historique a été élaboré en 1857 par l’architecte Gabriel Davioud. Mais il faut vivre avec son temps, estime le Conseil de Paris. Après appel d’offre, la Ville de Paris a donc attribué à MédiaKiosk, filiale du groupe JC Decaux (actuel opérateur des kiosques), le marché du renouvellement et de l’exploitation de 360 kiosques (soit la quasi-totalité) sur 15 ans. Ces "boutiques" un peu particulières seront installées d’ici 2019.

Ramener les jeunes et aider les kiosquiers

La conception de ces nouveaux kiosques a été confiée à la designer française de renom Matali Crasset, qui d’après de premiers dessins a gardé la couleur verte mais enlevé le dôme et les frises, pour un dessus inspiré des toits parisiens.

L'aspect du toit des futurs kiosques fait polémique
L'aspect du toit des futurs kiosques fait polémique © Radio France / Sylvain Tronchet

« Notre objectif est double : soutenir le secteur de la presse écrite en attirant un nouveau public, notamment les jeunes, mais aussi améliorer les conditions de travail des kiosquiers ». Olivia Polski, adjointe à la mairie de Paris en charge du commerce et de l’artisanat.

Mieux isolés, ils doivent répondre à des normes de développement durable. Les kiosquiers devraient gagner une heure par jour grâce à un nouveau système d’ouverture et de fermeture. Mieux chauffés, certains bénéficieront de toilettes pour améliorer les conditions de travail. A l’intérieur, un système d’écrans interactifs avec des plans et informations sur le quartier, des boîtes aux lettres, un service de collecte de colis, un système de recharge pour téléphones portables, des récupérateurs de piles usagées. Un système de couleur verte ou rouge sur les côtés permettra de savoir s'il est ouvert ou fermé. Médiakiosk promet aux Parisiens de pouvoir leur offrir une "pause urbaine".

La fronde prend de l’ampleur

Les opposants à ces nouveaux kiosques y voient, eux, surtout, une atteinte au patrimoine de Paris. La grogne a débuté sur les bancs du Conseil de Paris. "L’aspect extérieur des kiosques fait partout de l’identité de Paris, les gens y sont attachés" s’agace le conseiller LR Jean-Baptiste de Froment. Dans la foulée, une pétition a été lancée sur le site internet change.org pour préserver l’aspect haussmannien des kiosques, qui s’inscrivent "dans un tout" qui, vu d’ensemble, compose un patrimoine parisien original. Elle a recueilli environ 45.000 signatures, mais la mairie de Paris, qui a reçu les organisateurs de ce mouvement, n’a concédé que quelques modifications à la marge (couleur des toits pour mieux coller à la "coloration zinc" des toits traditionnels, couleur intérieure).

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.