Plusieurs journalistes se sont rassemblés ce lundi matin devant l'ambassade d'Algérie à Paris pour demander la libération de leur confrère Khaled Drareni. Il doit être jugé en appel ce mardi, après avoir été condamné à trois ans de prison pour ses reportages sur le soulèvement populaire d'opposition au pouvoir.

Plusieurs journalistes de télévision se sont rassemblés ce lundi matin devant l'ambassade d'Algérie à Paris pour apporter leur soutien à Khaled Drareni.
Plusieurs journalistes de télévision se sont rassemblés ce lundi matin devant l'ambassade d'Algérie à Paris pour apporter leur soutien à Khaled Drareni. © Radio France / Alexandra Ackoun

Ils sont venus apporter leur soutien à leur confrère. Une dizaine de journalistes français de télévision se sont rassemblés ce lundi matin devant l'ambassade d'Algérie à Paris pour soutenir Khaled Drareni, à la veille de son procès en appel. Le journaliste algérien, correspondant pour TV5 Monde et Reporters Sans Frontières, a été condamné le 10 août à trois ans de prison ferme pour "incitation à attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale", après ses reportages sur le "Hirak", mouvement populaire d'opposition au pouvoir, suspendu par la pandémie de Covid-19.

Le gouvernement lui reproche notamment la couverture d'une manifestation le 7 mars à Alger, mais aussi de ne pas posséder la carte de presse professionnelle, obligatoire dans le pays. Le journaliste, emprisonné depuis fin mars, est devenu depuis un symbole de la lutte pour la liberté de la presse.

"We are Khaled" 

Devant l'ambassade d'Algérie dans le 8e arrondissement, ce sont des visages connus de l'information à la télévision française qui sont venus demander la libération de leur confrère de 40 ans. Parmi eux, Anne-Claire Coudray, Laurent Delahousse, Gilles Bouleau, Bernard de La Villardière, Daphné Bürki ou encore Harry Roselmack.

"Si notre présence peut permettre de faire un minimum pression…"

"Si notre présence peut permettre de faire un minimum pression, et surtout aussi envoyer un message au peuple algérien qui se mobilise depuis plus deux ans, je pense qu'évidemment c'est essentiel, estime au micro France Inter Laurent Delahousse, présentateur sur France Télévisions. Il faut le faire avec beaucoup d'humilité, mais en même temps avec un soutien clair, profond et sincère."

"C'est un travail de journaliste équilibré qui essaye de rendre compte de ce qui se passe dans ce pays (...), c'est un combat qui va continuer mais qui est ô combien justifié" ajoute Gilles Bouleau, présentateur du 20 heures sur TF1. 

Depuis son incarcération le 29 mars, une campagne de soutien et des manifestations sont organisées à travers le monde, à commencer par Alger ou des rassemblements sont lieu tous les lundis à la Maison de la Presse. D'autres ont eu lieu à Paris, New York, Tunis ou encore Genève.

Un contexte "détérioré" pour la liberté de la presse en Algérie

Reporters Sans Frontières a récemment déploré dans un communiqué "un contexte de plus en plus détérioré pour la liberté de la presse en Algérie", alors que le procès en appel de Khaled Drareni se tient ce mardi 8 août. "Depuis la condamnation de Khaled Drareni, plusieurs décisions ont confirmé le durcissement du pouvoir algérien envers les journalistes et médias indépendants", ajoute l'organisme.

Des journalistes ont été accusés récemment par le pouvoir de menacer l'intérêt national et d'être à la solde de "parties étrangères". Plusieurs d'entre eux sont détenus. Au classement mondial de la liberté de la presse, établi par RSF, l'Algérie figure à la 146e place sur 180, dégringolant de 27 places par rapport à 2015.

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