La mairie de Paris dévoile de nouvelles mesures pour lutter contre les violences LGBTphobes. Création d'un observatoire, formation des personnels municipaux, campagnes d'affichage, une manière de répondre aux nombreuses agressions homophobes constatées ces derniers mois dans la capitale.

Dans les couloirs de l'hôtel de ville de Paris
Dans les couloirs de l'hôtel de ville de Paris © Radio France / Sébastien Sabiron

Régulièrement accusée par les milieux traditionalistes d'entretenir un "lobby LGBT" au sein même de la mairie de Paris, Anne Hidalgo estime aujourd'hui avoir "gagné une bataille culturelle et politique". Pour l'élue, la capitale est "totalement LGBT friendly". Même si les agressions violentes de ces derniers mois auraient plutôt tendance à la contredire.

Avec ce nouveau plan en "sept piliers", la mairie de Paris veut s'attaquer à l'homophobie ordinaire, en commençant par balayer devant sa porte. Par exemple, dans les administrations parisiennes (santé, logement, état civil...), le personnel sera formé à l'accueil et à l'accompagnement des personnes trans, comme le détaille Emmanuel Grégoire, premier adjoint chargé du budget et de la transformation des politiques publiques :

On réfléchira par exemple à l'accueil des personnes qui souhaitent changer d'identité. C'est un processus compliqué pour les personnes trans. Et lorsqu'elles subissent des ricanements, des moqueries au sein même de l'administration, on peut se dire que le travail culturel n'est pas abouti. L'administration se doit d'être bienveillante.

La mairie de Paris souhaite aussi "sensibiliser policiers et gendarmes" pour l'accueil des victimes, une compétence qui relève du ministère de l'Intérieur, qu'Anne Hidalgo saisira prochainement. Elle tentera aussi de convaincre Matignon et l'Élysée de faire de la lutte contre les violences sexistes et LGBTphobes la Grande cause nationale de l'année 2019.

Anne Hidalgo présente son plan de lutte contre les violences LGBTphobes
Anne Hidalgo présente son plan de lutte contre les violences LGBTphobes © Radio France / Sébastien Sabiron

Pour permettre aux associations de moderniser leur locaux et d'embaucher des permanents, la collectivité prévoit aussi d'augmenter les aides de 100 000 euros (soit 8% selon le calcul des associations). Un coup de pouce salutaire, estiment les associatifs, qui saluent un "plan prometteur et ambitieux", à l'image de Sylvie Gras, déléguée Île de France de SOS Homophobie :

On se réjouit notamment de cette future campagne dans les transports franciliens pour sensibiliser le grand public à la diversité familiale. La formation des personnels municipaux est également très importante, de même que le fait de multiplier les interventions en milieu scolaire. Ce sont de bonnes mesures, reste à voir comment elle seront mises en place et quel budget leur sera alloué. 

Parmi les mesures plus symboliques, la marche des fiertés devrait défiler sur les Champs Élysées en 2019 si la Préfecture de police donne son accord. Un observatoire rassemblant associations, élus, police et parquet se réunira tous les trois mois pour évaluer et adapter ce dispositif.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.