Selon le recensement effectué en février dernier à Paris, lors de la "Nuit de la solidarité", les femmes restent minoritaires mais leur nombre augmente visiblement. Elles représentaient 2 % des sans-abri en 2012, contre 12 % de la population rencontrée dans la nuit du 15 février 2018.

Recensement lors de la Nuit de la Solidarité le 15 février 2018
Recensement lors de la Nuit de la Solidarité le 15 février 2018 © AFP / Gérard Julien

Dans la rue, on trouve toujours plus de femmes : c'est l'un des enseignements des données recueillies le 15 février dernier lors de la "Nuit de la Solidarité" à Paris, un recensement encore inédit. Il avait permis de dénombrer 3.035 personnes sans abri dans les rues de la capitale, et de mieux comprendre qui ils sont et quelles sont leurs situations respectives.

Les femmes sont toujours largement minoritaires, mais elles sont particulièrement exposées. Le recensement effectué en 2012 par l'Insee comptait 2 % de femmes SDF, contre 12 % selon le comptage de 2018. Un chiffre malheureusement difficile à vérifier et sans doute bien plus important : selon l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur), il est "certainement a minima de la réalité" puisque les femmes adoptent le plus souvent des "stratégies d'invisibilité".

Plus que les hommes, elles essaient au maximum de passer inaperçues, pour des raisons de sécurité notamment. Elles sont plus nombreuses à planifier plus précisément l'endroit où elles vont passer la nuit (93 % d'entre elles, contre 89 % des hommes), et envisagent plus souvent de trouver refuge dans un hôpital (10 % contre 3 % des hommes) ou une voiture (6 % contre 3 %).

Plus isolées encore que les hommes

Cette situation les empêche de bénéficier du même suivi que les hommes (ils sont 28 % à être suivis par un travailleur social, contre 12 % chez les femmes). Elles sont le plus souvent seules (sur les 186 femmes recensées ce soir-là, 145 sont seules et sans enfant, 23 en couple sans enfant, 8 en couple avec enfant et 5 seules avec un enfant).

Les femmes sans-abri rencontrées le 15 février sont aussi moins nombreuses à bénéficier d'une couverture maladie (21 % contre 33 % pour les hommes). Enfin, elles vivent le plus souvent de mendicité plutôt que de prestations sociales.

Hommes et femmes sans abri ont toutefois des comportements similaires quand il s'agit de demander de l'aide : hommes ou femmes, six sans-abri sur dix n'appellent jamais le 115, le numéro pour les hébergements d'urgence. La moitié ont des problèmes de santé.

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