"Nous ne sommes pas tous du même bord mais on est ensemble car on est tous dans la merde". Ils occupent des ronds-points dans l'Eure-et-Loir, les Yvelines, en Seine-et-Marne. Ils sont retraités, artisans, chômeurs. Ils nous expliquent les raisons de leur colère.

Paroles de gilets jaunes: "Nous ne sommes pas tous du même bord mais on est ensemble car on est tous dans la merde"
Paroles de gilets jaunes: "Nous ne sommes pas tous du même bord mais on est ensemble car on est tous dans la merde" © Radio France / Ouafia Kheniche

Michael, 40 ans, vendeur, "Je roule 110 km par jour pour aller travailler dans un magasin"

Mobilisé cette semaine au rond-point de Monfiquet dans le Cavados. 

"Je roule 110 km par jour pour aller travailler dans un magasin à Mondeville", Michaël, 40 ans.
"Je roule 110 km par jour pour aller travailler dans un magasin à Mondeville", Michaël, 40 ans. © Radio France / Mathilde Dehimi

"Je roule 110 km par jour pour aller travailler dans un magasin à Mondeville. Je dois emmener mes deux enfants chez l’orthophoniste à 54 km de chez moi car il n’y a pas assez de personnel médical sur Saint-Lo. Il n’y a pas que le carburant. C'est difficile pour ceux qui sont au Smic à la fin du mois, je finis avec à peine 50 euros, on ne s’en sort pas. J'attends du concret d'Emmanuel Macron voir ce qu'il peut faire."

Bernadette, 35, au chômage, « Ce n’est pas de notre faute si nous roulons au diesel. Ils l’ont bien voulu depuis 20 ans »

Isabelle, 66 ans, "Moi je pense que l’argent les gens riches en ont, il faut donc que le gouvernement aile le chercher."

Mobilisées toutes les deux cette semaine à Toulouse.

Bernadette à droite à 35 ans et Isabelle à gauche, Gilets jaunes à Toulouse.
Bernadette à droite à 35 ans et Isabelle à gauche, Gilets jaunes à Toulouse. © Radio France / Stéphane Iglésis

« Emmanuel Macron c’est la France d’en haut. Il ne peut pas comprendre nos fins de mois difficiles. Ce n’est pas de notre faute si nous roulons au diesel. Ils l’ont bien voulu depuis 20 ans. »

Sylvie, 58 ans, au chômage : "Nous ne sommes pas tous du même bord mais on est ensemble car on est tous dans la merde"

Mobilisée depuis la semaine dernière, elle bloquait jeudi un rond-point à l'entrée de Nemours.

Sylvie, "Ce qui m'angoisse le plus, c'est l'avenir de mes enfants et petit-enfants parce que les gamins de prolos ont pas le droit aux mêmes écoles que les autres".
Sylvie, "Ce qui m'angoisse le plus, c'est l'avenir de mes enfants et petit-enfants parce que les gamins de prolos ont pas le droit aux mêmes écoles que les autres". © Radio France / Ouafia Kheniche

Elle a l'air fatigué mais garde en permanence un sourire dans le plissement des yeux. Un bonnet vissé sur la tête, parce qu'il fait froid ce mercredi sur le rond-point de l'entrée de Nemours, en Seine-et-Marne, Sylvie raconte son parcours, chaotique :

"J'ai perdu mon boulot et dans cinq mois, je serai au RSA. Je vis dans une petite ferme à 30 kilomètres d'ici, dans ma maison ! Enfin, plutôt celle de la banque. Elle n'est pas à moi, elle est à crédit. Mon compagnon paie 1000 euros de remboursement. Lui est indépendant, et tous les ans, il doit baisser son salaire. J'ai senti ma vie changer, il y a 10 ans. Progressivement, ça s'est dégradé. Je ne pars plus en vacances. J'ai des dents à me faire soigner, je ne peux pas. J'ai des lunettes à faire que je ne fais pas non plus. Et les vêtements, ça fait longtemps que je n'en achète plus. C'est dur. J'étais assistante, j'ai été dépassée par un nouveau système informatique. J'ai décroché mais passé 50 ans, je n'ai pas pu retrouver de travail. L'avenir, je le vois en noir. Pour mon fils aussi. J'ai pas grand chose mais je suis obligée de l'aider. J'angoisse beaucoup pour mon fils et mon petit-fils. Mon grand, il veut donner une chance à son gamin. Il ne trouve que des boulots à temps partiel en CDD mais il préfère habiter à Paris dans un studio à 700 euros pour que son enfant n'aille pas dans une école de cité d'où on sort.

Je sais que la situation a dégénéré avant Macron mais lui, la première mesure qu'il a prise, c'est supprimer l'ISF. Je me suis dit : "Il se fout de notre gueule". Il est méprisant. Je ne suis pas déçue, je n'ai pas voté pour lui. Mais je connais beaucoup de retraités qui sont déçus. J'ai voté blanc, on parle pas de politique entre nous les gilets jaunes, je sais qu'on n'est pas tous du même bord mais on est ensemble car on est tous dans la merde."

Laurent, 50 ans, en invalidité : "Si mon ex-compagne ne m’hébergeait pas, je serais à la rue dans une tente"

Mobilisé depuis la semaine dernière, il bloquait jeudi un rond-point à l'entrée de Nemours.

"Je me bats pour mon grand-père qui était syndicaliste à FO qui aujourd'hui, doit se retourner dans sa tombe" Laurent.
"Je me bats pour mon grand-père qui était syndicaliste à FO qui aujourd'hui, doit se retourner dans sa tombe" Laurent. © Radio France / Ouafia Kheniche

Il court, Laurent, s'agite. Il est grand et costaud, en impose physiquement mais entre les camions et les voitures à la sortie du péage, on le sent très vite chancelant, empêché, sur ses grandes cannes. Le souffle court, il explique pourquoi : 

"En 2014, j'ai été mis en invalidité après avoir travaillé pendant 15 ans dans les hydrocarbures. J'ai commencé à bosser à 17 ans. Maintenant, je ne peux plus travailler. À cause de mes poumons, j'ai du mal à me déplacer, je suis essoufflé tout le temps. Mais avec mes 660 euros par mois, pour le gouvernement, je suis déjà trop riche.

J'ai décidé de rejoindre mes camarades gilets jaunes samedi. J'ai des enfants de 6, 7 et 17 ans et c'est eux qui m'ont décidé à agir. Heureusement, mon ex m'a soutenu quand j'ai perdu mon travail et je la remercie encore. Elle m'héberge à titre gracieux, sinon je serais à la rue dans une tente. Mais bon, c'est la vie et il faut faire avec. Mes enfants, je leur souhaite de faire des études. Aujourd'hui, je me bouge pour eux, pour mon père qui était ouvrier, mon grand-père qui était un fervent défenseur du code du travail, syndicaliste à FO. Il doit se retourner dans sa tombe aujourd'hui. On est dans la joie ici avec les autres, on sait que certains ont montré une mauvaise image, mais c'est pas le cas de tout le monde. Il faut que tout le monde réagisse et pas que nous, les anciens. Il faut les jeunes aussi, des étudiants. On est ensemble, on n'a pas de leader, tout le monde est bienvenu."

Laure, 42, thérapeute : "Je vis seule avec mes trois enfants et je paie 870 euros par mois de loyer"

Mobilisée depuis le début du mouvement, elle bloquait jeudi un rond-point à l'entrée de Nemours

"A la moindre difficulté que l'on rencontre, on a du mal à remonter" Laure.
"A la moindre difficulté que l'on rencontre, on a du mal à remonter" Laure. © Radio France / Ouafia Kheniche

Chez Laure, il n'y a pas de colère mais plutôt de l'espoir. D'une voix calme, cette femme au regard perçant a trouvé sa place auprès des gilets jaunes. Sur son manteau gris chiné, elle arbore tout simplement ce signe de ralliement. 

"J'ai changé de travail plusieurs fois. J'ai fait des tonnes de boulots différents, j'ai eu un commerce de vêtements, une onglerie, j'ai été prof de théâtre. Quelle que soit l'activité, on se rend compte que l'on est assailli de charges et que les salaires ne suivent pas. On ne s'en sort jamais. C'est aussi vrai pour mes parents. Mon père a 68 ans, il est à la retraite mais il continue de travailler pour conserver une certaine qualité de vie. Moi, je vis seule avec mes trois enfants et je paie 870 euros par mois de loyer et c'est énorme dans mon budget. J'ai fait des demandes de logements sociaux mais les loyers sont aussi à 800 euros sur Nemours. On rame, on fait comme on peut. Ma grande de 19 ans, on a fait un prêt étudiant pour payer ses études et elle travaille pour les financer, on n'a pas le choix.

Emmanuel Macron et d'autres ont un niveau de vie qui est assez élevé et ils sont vraiment en décalage avec la société actuelle, du coup on a l'impression de ne pas du tout être compris. La viande, ce n'est pas tous les jours, on fait beaucoup moins de sorties. À la moindre difficulté qu'on rencontre, on a du mal à remonter. Il m'est arrivé d'aider des proches qui n'avaient plus de quoi s'acheter à manger. Le carburant, c'est seulement le facteur déclenchant, on a l’impression que ce n'est pas le politique qui va nous aider mais le peuple. Notre point commun, c'est de vouloir vivre correctement, tout simplement. "

Manuel, 43 ans, intérimaire cariste : "Même en faisant super gaffe, je suis à découvert de 600 euros dès le 10 du mois"

Mobilisé depuis la semaine dernière, il bloquait jeudi un rond-point à l'entrée de Nemours 

"Jusqu'à mes 30 ans, j'ai vécu dans cette cité HLM et quand j'ai eu mes enfants, je l'ai quitté. C'est des cages à poules, c'est pas fait pour les gens", Manuel.
"Jusqu'à mes 30 ans, j'ai vécu dans cette cité HLM et quand j'ai eu mes enfants, je l'ai quitté. C'est des cages à poules, c'est pas fait pour les gens", Manuel. © Radio France / Ouafia Kheniche

Il a les doigts épais de ceux qui travaillent de leurs mains. Un anneau à l'oreille, un autre au doigt, il soigne son look, parle franchement et sans hésitation d'une vie bien remplie alors qu'il n'a que 43 ans. 

"La première fois que j'ai bossé, j'avais 12 ou 13 ans, mais aujourd'hui, je sais travailler de mes mains. À l'époque, j'aidais mon père après l'école. Je lui donnais souvent un petit coup de main. Il travaillait dans le BTP. Après, à 16 ans, j'ai bossé comme apprenti. Je le dis à mes enfants, il faut aller à l'école pour apprendre à lire et écrire mais même aujourd'hui en ayant des gros diplômes, on ne vous paie plus. On vit dans une petite maison mais jusqu'à mes 30 ans j'ai vécu en HLM. J'ai préféré quitter les lieux avec mes gamins pour ne pas les faire grandir là où j'ai grandi. C'est des cages à poules, c'est pas fait pour que le gens y vivent. Le loyer, faut le payer, il n'y a pas le choix, sinon, on se fait dégager.

Les bons mois où je travaille un mois complet, j'arrive à un bon petit salaire de 1 700 euros. Sinon, j'ai 1 300 euros de chômage avec 710 euros de loyer. À la fin du mois, il me reste que dalle, même en faisant gaffe, le début de mois je suis à découvert. Pour son anniversaire, j'ai même pas pu emmener ma femme au restaurant, c'est malheureux. Mon père était ouvrier cariste aussi, mais il gagnait quand même. Je suis à moitié révolutionnaire parce que la situation me dégoûte. Il y a ici une solidarité du peuple, on en a ras-le bol. Il va falloir casser la Ve République."

Christophe, 55 ans, artisan-peintre : "J'ai vécu six ans avec mon compte à découvert, mon banquier me téléphonait toutes les semaines."

Mobilisé depuis la semaine dernière, il bloquait jeudi un rond-point à l'entrée de Nemours

"J'ai vécu 6 ans avec mon compte professionnel à découvert, mon banquier me téléphonait toutes les semaines, c'est un dur", Christophe.
"J'ai vécu 6 ans avec mon compte professionnel à découvert, mon banquier me téléphonait toutes les semaines, c'est un dur", Christophe. © Radio France / Ouafia Kheniche

Blouson de motard, queue de cheval, Christophe ne reste jamais très longtemps loin de sa bécane. Ni de ses copains, les autres gilets jaunes, qui vous envoient discuter avec lui, "parce que lui, il a des choses à dire". 

"J'ai d'abord été salarié quand je suis monté tout jeune artisan à Paris. J'ai tout de suite trouvé un logement bon marché, j'étais dans un foyer de jeune travailleur et c'était une époque où on trouvait du boulot facilement. En 1984, je changeais d'employeurs dès que j'en avais envie. Après je suis devenu artisan, je gagnais bien ma vie mais quand les entreprises ne me payaient pas, j'avais des trous de trésorerie. Quand j'ai voulu agrandir ma boite qui marchait bien, aucune banque n'a voulu me prêter de l'argent. Je profitais pas des bénéfices que je faisais, avec, je comblais les trous de trésorerie. J'ai gagné mes procès mais j'ai pas eu mon argent. Sur un chantier impayé, je me suis retrouvé avec 130.000 euros d'impayés. Cdes situations où l'Etat ne vous aide pas. Vous êtes tout seul et vous vous démerdez. Ce qui est très agaçant, c'est de voir comment on peut se battre nous, alors que tous ces politiques nous demandent toujours plus. J'ai vécu 6 ans avec mon compte professionnel à découvert, mon banquier me téléphonait toutes les semaines, c'est un dur. Je me suis un peu refait mais c'est encore fragile. 

Si on a Macron maintenant c'est à cause de Marine Le Pen qu'était au deuxième tour. J'ai voté Macron mais j'ai pas voté pour Macron. Dans ma famille, j'ai une fierté. Mon grand-père allemand a fait de la politique contre Hitler et ça lui a valu un an de camp. Alors forcement, j'ai voté contre Marine Le Pen. Je me suis engagé dans ce mouvement des gilets jaunes parce que c'est en dehors des syndicats et des partis. Notre point commun, c'est qu'on en a marre d'être pris pour de cons. 

Elodie, 24 ans, auxiliaire de vie, " Je suis maman solo, je travaille à mi-temps et je vis avec 800 euros par mois"

Mobilisées depuis la semaine dernière, elles bloquaient jeudi un rond-point à l'entrée de Nemours

Morgane et Elodie, 23 et 24 ans, les deux copines travaillent à mi-temps, "ce qui nous unit, c'est l'envie que ça change".
Morgane et Elodie, 23 et 24 ans, les deux copines travaillent à mi-temps, "ce qui nous unit, c'est l'envie que ça change". © Radio France / Ouafia Kheniche

On remarque immédiatement les deux jeunes filles, ce sont les rares personnes de moins de 30 ans de l'assemblée. Vigilantes à chaque instant, les deux brunes sont toutes les deux attentives à ce que la fille d’Élodie ne prenne pas froid. Elles sont jeunes mais prises dans une multitude de problèmes matériels. On sent très vite dans leurs récits que leurs vies manquent cruellement de légèreté. 

Elodie, "Je vis à Nemours. Je suis maman solo d'une petite fille de 4 ans. Je suis auxiliaire de vie à domicile. Ma voiture, j'en ai besoin tout le temps. Le 7 du mois, je touche mon salaire et le 10, j'ai plus rien. Le reste du temps, je reste cloîtrée chez moi à manger ce que j'ai acheté. Voilà ! Mes déplacements sont limités au boulot, et encore, je suis obligée de demander des avances à mon boulot parce que j'en ai pour 350 euros d'essence par mois. J'ai besoin de ma bagnole tout le temps, je fais des aller retour entre Fontainebleau et ici toute la journée pour faire mes soins aux personnes âgées.

Je mets de l’essence par coup de 5 euros. Je sais que 6,50 euros, ça me fait une barre sur mon réservoir d’essence. Avec, je sais que je peux faire 80 kilomètres mais j'ai toujours la trouille de tomber en panne. Je dépasse mon découvert qui est compensé quand je touche ma paie... C'est un cercle vicieux, une catastrophe. Je fais mes courses à LIDL. Les vêtements de la petite, on me les donne, c'est exceptionnel que je les achète. Mes seules sorties, c'est en forêt, j'ai pas les moyens de faire autre chose. Je paie 200 euros de loyers, je touche les APL. Heureusement, je suis entourée par ma famille et mes amis. Mais parfois, c'est dur. Ici au moins, avec les gilets jaunes, je vois que je ne suis pas la seule dans cette situation."

Morgane, 23 ans, serveuse, "Je dis à des copines, ça va peut-être rien changer mais si tu restes devant ta télé, tu vas rien changer non plus"

Morgane, "Je suis serveuse. C'est le boulot que j'ai trouvé. Ma formation c'est la vente, j'ai eu un bac pro commerce. En ce moment, j'ai plus de boulot depuis deux mois. Et je suis passée de 1700 euros à 700 euros, c'est pas évident. La plupart du temps, on me propose des mi-temps donc la même chose en salaire que ce que je touche au chômage. Jusqu'à présent, j'ai pas pu quitter la maison de mes parents. j'accepte des petits boulots, des extras, j'ai bossé au burger King... Dans ces conditions, c'est difficile de se projeter.

Ce que je ne trouve pas, c'est un temps plein. Là, j'ai eu envie de me mobiliser en voyant mes parents le faire. Ils sont venus rejoindre les gilets jaunes et je suis venue avec eux. Il faut qu'on fasse l'effort, nous les plus jeunes. J'ai des copines qui disent, "ça changera rien", moi je leur répond : "c'est sûr que si tu restes devant ta télé, tu changeras rien du tout". Au moins, ici, on essaie. C'est important de voir qu'on peut faire quelque chose. On a un peu d'espoir, sinon, on ne serait pas là."

Pascal, 62 ans, retraité : "Je suis en colère car les impôts augmentent"

Mobilisé depuis le début du mouvement, il bloquait lundi le péage de Buchelay sur l’A13, dans les Yvelines.

Pascal, 62 ans, est retraité dans les Yvelines.
Pascal, 62 ans, est retraité dans les Yvelines. © Radio France / Fiona Moghaddam

"Je suis retraité, je suis en colère, pour la CSG entre autres, et pour toutes les taxes parce que les impôts ne baissent pas, ils augmentent. Le foncier par exemple, j’ai un mois de plus à payer. On ne va pas lâcher tant qu’on n’obtient rien. On va peut-être aller à Paris le week-end prochain, pour bloquer la ville."

Nicolas, 40 ans, artisan : "Je ne peux pas m'acheter une voiture électrique à 15 000 euros"

Il manifestait mardi matin sur le rond-point de Saint-Rémy-sur-Avre, dans l'Eure-et-Loir

Nicolas, 40 ans, est artisan dans l'Eure-et-Loir
Nicolas, 40 ans, est artisan dans l'Eure-et-Loir © Radio France / Delphine Evenou

"Le gouvernement n'écoute pas. Je suis artisan. J'arrive à faire 1 500 euros de salaire. Je ne peux pas m'acheter une voiture électrique à 15 000 euros toute aide déduite. Ce n'est plus possible. On ne peut plus tenir. Je vis grâce à mes découverts autorisés alors que je bosse tous les jours".

Corinne, 49 ans, sans emploi : "Le gaz, l'électricité, le gazole, tout a augmenté"

Elle manifestait mardi matin sur le rond-point de Saint-Rémy-sur-Avre dans l'Eure-et-Loir

Corinne, 49 ans, est une travailleuse handicapée sans emploi.
Corinne, 49 ans, est une travailleuse handicapée sans emploi. © Radio France / Delphine Evenou

"C'est la première fois que je manifeste. Mais là, on ne peut plus vivre. On est étouffé depuis un an et demi. Le gaz, l'électricité, le gazole c'est tout qui a augmenté! Je suis là pour essayer de changer les choses. On n'est pas sûrs que ça marche mais au moins on se fait entendre".

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