Libé en grève
Libé en grève © Radio France

Les salariés du journal ont voté jeudi à plus de 63% une grève de 24 h pour protester contre leur direction et son plan d'économie, plan qui prévoit notamment un bouclage du journal une heure et demie plus tôt qu'à l’accoutumée.

Sur les 276 inscrits, il y a eu 224 votants : 143 se sont prononcés pour la grève et 75 contre.

Les salariés demandent le départ de Philippe Nicolas et Nicolas Demorand, et que les investisseurs dont on leur a parlé se fassent connaître. "Pour le moment on nous demande des efforts et nous n'avons que des mots. Nous demandons aussi un vrai projet rédactionnel" a expliqué Hervé Marchon, le délégué SNJ.

Les salariés contestent particulièrement un point du plan d'économie présenté par la direction en début d'année, qui prévoit un bouclage du journal à 20 heures, une heure trente plus tôt qu'avant. Les syndicats réclament de chiffrer la possibilité de bouclage tardif en cas de gros événement.

Le directoire de Libération a réagi au vote par un communiqué :

Le directoire de Libération prend acte de la grève votée par les salariés. Les membres du directoire, Nicolas Demorand, Philippe Nicolas et François Moulias, en accord avec les actionnaires, travaillent à des solutions destinées à assurer la pérennité de l'entreprise. Plusieurs pistes sont à l'étude qui s'inscrivent dans un plan de développement et une vision stratégique à long terme de l'entreprise.

Libération ce sont 290 salariés

Les ventes du journal sont en chute libre (14,9% en 2013). Grevé de 6 millions d'euros de dettes, le quotidien devrait perdre 1 à 1,5 million en 2013 et ne dispose que de quelques mois de trésorerie.

Le directoire cherche de nouveaux investisseurs. Ses actionnaires actuels - les hommes d'affaires Bruno Ledoux, Édouard de Rothschild et le groupe italien Ersel - refusent de remettre de l'argent au pot.

L'homme d'affaires François Mouliasommé a été membre du directoire mi-janvier par les actionnaires. Artisan du plan d'économies qui demande aux salariés d'accepter des baisses volontaires de salaires, il avait assuré mi-janvier que le nom de nouveaux investisseurs seraient connus dans les deux mois.

Les explications d'Alexandra Ackoun

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