Il ne faut pas être "plus de six à table" dans la sphère privée, a demandé Emmanuel Macron ce mercredi soir. Mais à quoi correspond exactement cette règle qu'il incite tous les Français à respecter ?

Emmanuel Macron a évoqué ce mercredi soir cette règle des "six personnes maximum" lors de réunions dans la sphère privée.
Emmanuel Macron a évoqué ce mercredi soir cette règle des "six personnes maximum" lors de réunions dans la sphère privée. © Radio France / Antoine Denéchère

"Pas plus de six à table". Lors de son interview sur TF1 et France 2 ce mercredi soir, où a notamment été annoncé un couvre-feu en Île-de-France et dans huit métropole pour ralentir l'épidémie de Covid-19, Emmanuel Macron a aussi insisté sur la sphère privée. Le chef de l'État a dit espérer un changement de mentalité des Français. Et il demande aux Français, quelle que soit la zone où ils habitent, de "ne pas être plus de six à table" lors de réunions privées et de "mettre au maximum le masque, y compris en famille ou entre amis".

"Au restaurant, on a déjà dit pas plus de six à table. Et au maximum, il faut qu'on fasse aussi ça dans notre vie personnelle. Si on est une famille de sept, huit, neuf ou dix, on peut évidemment continuer à avoir une vie familiale normale. Mais on essaie, quand on invite des amis, de ne pas être plus de six à table. Et on évite de se regrouper à plus de six, a détaillé le chef de l'État. Cette règle des six, il faut essayer de se l'appliquer à soi-même, parce que ça va nous aider à freiner tout cela dans la France entière. C'est des règles dont je voudrais que chaque citoyenne et citoyen se l'approprie pleinement."

Une règle qui s'applique déjà dans certains restaurants 

Cette règle des "six maximum" s'applique déjà depuis quelques jours dans les bars et restaurants dans les zones d'alerte maximale. Les établissements doivent séparer les tablées d'un mètre et accueillir six couverts maximum.

La recommandation avait déjà été avancée par l'un des membres du conseil scientifique, même s'il parlait alors d'un groupe de sept personnes. "Il n'y a pas de chiffre magique, mais il est clair que quand on a un groupe de 70 personnes, on a dix fois plus de chances de rencontrer quelqu'un qui est malade que si on a un groupe de sept, avançait le virologue Bruno Lina le 10 octobre sur franceinfo. Donc, il s'agit de définir effectivement ces espèces de bulles sociales qui permettent de continuer à avoir des contacts, voir des gens, à aller au restaurant, recevoir, mais en évitant des brassages trop importants"

La "bulle sociale" déjà évoquée par Olivier Véran

Cette recommandation de restreindre sa vie sociale rappelle le concept de "bulle sociale", évoqué il y a quelques semaines par le ministre de la Santé, Olivier Véran. "Il ne faut pas multiplier les dîners, il faut éviter de sortir plusieurs fois par semaine avec des personnes différentes. (...) Certains pays ont parlé du concept de bulle sociale. C'est un peu le concept dont je vous parle : un effort collectif qui est la clé de notre capacité à maîtriser le virus", avançait Olivier Véran le 23 septembre dernier.

On parle bien de "concept", car comme cette règle ou cette recommandation a trait à l'espace privé, le pouvoir en place ne peut qu'émettre des souhaits sans légiférer, réglementer ou faire intervenir les forces de l'ordre pour la faire respecter.

Les exemples belges et britanniques

La Belgique, notamment, a adopté cette stratégie de limitation des contacts à la sortie du confinement. Les Belges ne sont autorisés à voir, sans masque, que leur "bulle de contacts rapprochés". Depuis début octobre, elle est limitée à trois personnes maximum, en plus des membres de leur foyer.

La même "règle des six" a aussi été avancée par le Premier ministre britannique, Boris Johnson. Depuis mi-septembre, les rassemblements de plus de six personnes sont interdits en Grande-Bretagne, en intérieur comme en extérieur. Les contrevenants risquent une amende de 100 livres sterling (110 euros environ), qui sera doublée à chaque récidive jusqu’à 3 200 livres (3 550 euros environ).

"Interdit d'interdire"

"C'est une règle morale", juge pour sa part l'avocat Patrice Spinosi, joint par France Inter. Selon lui, cette "règle des six" ne pourra jamais conduire à des sanctions si elle est enfreinte à domicile. "Il demande à la population de respecter les mêmes contraintes que celles qui s'imposent aux restaurateurs. Mais il n'y a en aucune façon une quelconque obligation réglementaire ou légale de respecter cette règle des six personnes lorsque à domicile privé." 

En somme, "il est interdit d'interdire", dit-il. "Il n'y a pas de possibilité, ni de contrôler en faisant venir des forces de police, ni même normalement, de poser un principe d'une interdiction. Donc, on reste uniquement sur une sorte de recommandation morale. On est hors du champ issu du contrôle de l'autorité publique et, dans ces conditions, on en est réduit à des recommandations de bonne logique qui permettent de garantir que le respect des règles sanitaires telles qu'elles sont imposées dans l'espace public."

Une recommandation déjà contestée sur les réseaux sociaux

Sur Twitter, plusieurs internautes s'interrogent notamment sur le fait que cette règle de six personnes maximum dans un même endroit ne s'applique pas dans les salles de classe ou les transports. 

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