La 34e édition du festival international à vélo a lieu ce week-end, à Vincennes. L’occasion de rencontrer Marie, 52 ans. Elle a parcouru 3 200 kilomètres à vélo pendant ses deux mois de vacances en Islande, cet été.

panneau en Islande
panneau en Islande © Marie Coviaux

Marie a 52 ans, elle est professeure de musique mais ce n’est pas sa seule passion. Il a aussi le vélo. C’est après une compétition de triathlon dans les Pyrénées qu’elle a découvert, un peu par hasard, le voyage à deux roues : " J'étais partie d'Épernay en train avec mon vélo de course. Mon mari et mes enfants m’avaient rejoint sur place ensuite pour une semaine de vacances. Et au moment de repartir chez moi dans la Marne, il n’y avait plus de place dans la voiture pour mon VTT. Donc je suis rentrée chez moi en vélo. Ça m'a pris six jours, ça faisait 1 500 kilomètres. J’ai trouvé ça fantastique !" 

C’était il y a huit ans. Depuis Marie s’organise des vacances à vélo tous les ans en France ou à l’étranger. "On fait en une journée à vélo, ce que l’on fait en une heure de voiture. On a le temps de voir les paysages. On a le temps de voir les animaux parce qu’ils ne nous entendent pas arriver. J’ai pu voir beaucoup d’oiseaux, de phoques, de baleines, des renards polaires en Islande et des dauphins en Ecosse. C’est formidable." 

Paysage islandais
Paysage islandais / Marie Coviaux

Son dernier "gros voyage" c’était en Islande, l’été dernier. Marie y a passé deux mois, elle a parcouru 3 200 kilomètres. 

Une règle : voyager léger 

"On calcule tout pour que ce soit le plus léger possible et le confortable possible", explique Marie. Pour son voyage en Islande, elle avait dans ses bagages son vélo, sa tente, un duvet, un réchaud, une trousse de toilette et des vêtements chauds. "Huit semaines en Islande, ce n’est pas une semaine en Italie, il faut affronter le temps, il faut avoir des vêtements de rechange, de la nourriture parce qu’on ne trouve pas toujours des magasins. J’avais porté pour dix jours de nourriture". 

Marie a voyagé à vélo pendant deux mois en Islande
Marie a voyagé à vélo pendant deux mois en Islande / Marie Coviaux

En Italie, Marie devait porter des bouteilles d’eau alors qu’en Islande il y a beaucoup de sources d’eau potable, "excepté dans une péninsule où l’eau est salée !" précise-t-elle. "Je ne pouvais pas boire, cuisiner. Par chance, il pleuvait comme souvent en Islande, je me suis mise sur le bord de la route, j’ai trouvé une belle flaque et j'ai filtré l’eau." 

Il faut accepter les imprévus 

Marie a également roulé pendant 150 kilomètres avec un pneu rafistolé, sa tente a failli s’envoler à cause du vent, il a fait jusqu’à -6° la nuit … Ce sont pour tous ces imprévus que Marie préfère voyager seule : "voyager sans personne à ses cotés c’est ne pas passer sa mauvaise humeur sur les autres, c’est pouvoir affronter des conditions difficiles sans avoir à gérer la peur et le stresse des autres. Puis on est libre de manger quand on veut, de s’arrêter quand on veut, dormir autant que l’on veut et aller où on veut ». 

L’un des campements de Marie
L’un des campements de Marie / Marie Coviaux

La seule personne avec qui Marie accepterait de voyager à vélo, c’est son mari. "Mais il refuse parce que nous n’avons pas le même niveau" explique-t-elle. Mais la musicienne insiste, le voyage à vélo c’est pour tout le monde ! Chacun fait comme il le souhaite "certains dorment dehors comme moi, d’autres logent à l’hôtel, dans des gîtes ou au camping. Certains font beaucoup de kilomètres par jour, d’autres une vingtaine. Certains préfèrent les sentiers difficile, d’autres les pistes cyclables. Il n’y a pas de règle." 

Voyager à vélo lorsqu’on est une femme. Y-a-t-il des limites ? 

Marie n’a pas peur des dangers et son expérience la conforte. Elle s’interdit évidemment les pays en guerre et ceux elle ne se sent pas la bienvenue en tant que femme. 

Une chose agace Marie : qu’on la renvoie à son statut de femme. "Quand on est une femme à vélo, on a toujours droit à 'SEULE'. Les hommes me disent 'Mais moi aussi quand je voyage seul, on me dit 'seul'. Mais quand on pose cette question à un homme, on lui demande s’il voyage sans personne alors que pour les femmes c’est presque toujours sous-entendu 'seule sans la protection d’un homme'". 

Mais à l’inverse, Marie a remarqué que les gens venaient aussi plus facilement vers elle "beaucoup de gens sont admiratifs, ils veulent savoir comment je me débrouille"

Marie Coviaux voyage toujours léger
Marie Coviaux voyage toujours léger / Marie Coviaux

Le mois prochain, Marie ira une semaine dans le sud de la France et l’été prochain au Turkménistan et  Kirghizistan, sur la route de la soie, pendant deux mois également. "Je ne sais pas encore par où je vais passer puisque Donald Trump a déclaré qu’il aller retirer la moitié de ses troupes d’Afghanistan et je longerai le pays pendant de nombreux kilomètres. Je passerai plus au nord si la situation est explosive". La cycliste demandera des conseils au festival international du voyage à vélo. 

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