Saint Louis de Gonzague
Saint Louis de Gonzague © Radio France

EXCLUSIF - Un ancien élève du prestigieux lycée jésuite Saint-Louis-de-Gonzague essaie en vain de dénoncer les attouchements pédophiles dont il a été victime dans les années soixante. L’affaire remonte aux années 50, dans le très prestigieux établissement jésuite Saint-Louis-de-Gonzague à Paris, rue Franklin dans le 16ème arrondissement de Paris.

Établissement très sélect que fréquentèrent nombre de personnalités, entre autres Bruno Le Maire, Luc Chatel ou Jean­-Louis Servan-Schreiber.Lors d'une colonie de vacances organisée par l'école, le père L, l'un des responsables jésuites de l'établissement, se livre à des attouchements sur Jean-­Pierre Martin­-Vallas alors âgé de 8 ans. Jean-­Pierre Martin-Vallas, aujourd'hui âgé de 70 ans, s'en souvient comme si c'était hier :

Quand il est passé devant moi, il s'est mis dans mon lit, il a commencé à me caresser le torse en passant ses mains sou ma veste de pyjama et à un moment, il a passé sa main à l'intérieur de ma culotte de pyjama sur les fesses. J'ai réagi, il est sorti du lit et je n'en ai plus entendu parler.

Jean-­Pierre Martin-Vallas mettra longtemps à oser parler. Il attendra la mort de ses parents, qui étaient proches du père jésuite, pour sortir du silence.Convaincu que le père L. a fait de nombreuses autres victimes, il rentre alors en contact avec un millier d’anciens élèves et reçoit dix témoignages, dont certains très édifiants. En 2010, il alerte l'établissement et réclame une enquête interne. La hiérarchie des Jésuites refuse. L'affaire remonte jusqu’au Provincial, le père Grenet, le chef des jésuites de France, qui lui adresse une fin de non recevoir :

J'estime, écrit le père Grenet, que 40 ans après les faits, ces enfants doivent avoir trouvé un équilibre de vie satisfaisant et qu'il n'y a pas lieu de les perturber. De plus, ce prêtre étant mort, il n'y a aucun intérêt à faire une enquête

Jean-Pierre Martin Vallas
Jean-Pierre Martin Vallas © Radio France

Commencent quatre années de bras de fer . Ce n'est qu'après que Jean-­Pierre Martin­-Vallas eut signalé l'affaire au Vatican que les jésuites consentent tout juste à mettre en place en 2014 un groupe d'accuei l. Une façon d'enterrer l'affaire aux yeux Jean-­Pierre Martin-­Vallas :

C'est un groupe qui est chargé d'inviter les victimes qui se sont plaintes, à prendre du thé avec les jésuites, à écouter des paroles mielleuses et onctueuses et à repartir en ayant refermé la boîte de Pandore, avec pour but de ne plus jamais en parler

Aujourd’hui, en pleine “affaire Barbarin”, le Provincial des jésuites, le père Grenet, semble avoir un peu évolué :

Aujourd'hui une chose est sûre, j'envisage de dire aux personnes qui ont été victimes que nous sommes disponibles pour les entendre. Est­-ce que je dois faire une enquête plus large, pour voir si des choses se sont passées dans d'autres établissements, honnêtement je ne peux pas vous répondre aujourd'hui

Ces propos montrent qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant que la lumière soit faite sur ces affaires, comme l’a demandé la conférence des évêques de France.

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