Selon une étude publiée dans la revue The Lancet Public Health mardi, les hospitalisations pour infarctus ont baissé de 30 % entre les quatre semaines précédant le confinement et les quatre semaines qui ont suivi. En cause, une peur d'aller à l'hôpital, mais aussi une possible baisse du stress et de la pollution.

Les urgences de l'hôpital Saint-Joseph à Paris
Les urgences de l'hôpital Saint-Joseph à Paris © AFP / Riccardo Milani / Hans Lucas

Près d'un tiers d'hospitalisations pour crises cardiaques en moins pendant le début du confinement : c'est le constat effectué par une équipe de chercheuses et de chercheurs français et publiée ce mardi dans la revue The Lancet Public Health. Une cohorte de 21 centres hospitaliers ont participé à cette étude qui consistait à observer le nombre d'admissions pour crise cardiaque dans les quatre premières semaines du confinement, pour les comparer aux quatre semaines précédant le confinement. En tout, 1 167 patients ont été admis. 

Une peur d'aller à l'hôpital ?

Sur ces quatre premières semaines, du 17 mars au 12 avril, les médecins ont observé une baisse notable de 30% des hospitalisations : de 686 dans les quatre semaines avant le confinement, elles sont passées à 481 après. La baisse a été nette et rapide dès les premiers jours du confinement et n'a pas été suivie d'un "effet rebond" qui aurait provoqué une remontée après cette chute subite. 

Première hypothèse formulée par l'étude : la peur de se rendre à l'hôpital, pendant cette période où la Covid avait pris toute la place, "ou d'ajouter de la pression pour les médecins et infirmières en ces temps difficiles", peut-on lire. "Cette inquiétude pourrait avoir été amplifiée par le message global adressé aux gens pour qu'ils restent chez eux", explique l'article scientifique. 

Moins de pollution, moins de stress...

Mais cette hypothèse de la peur du virus n'est pas la seule : "Les autres hypothèses, c'est qu'il y a eu réellement une baisse des survenues d'infarctus du myocarde, et pas seulement des hospitalisations pour infarctus parce que les gens étaient confinés, chez eux, donc ne faisaient plus d'efforts violents. Il y avait peut-être moins de stress professionnel pour certaines personnes", explique le professeur Nicolas Danchin, cardiologue à l'hôpital européen Georges-Pompidou et coordinateur de l'étude. "Il y avait aussi, et ça a été constaté très rapidement après le début du confinement, une diminution de la pollution : or on sait que la pollution de l'air peut déclencher des infarctus du myocarde", ajoute-t-il. 

L'étude note ainsi que la diminution des admissions pour crise cardiaque n'est pas liée localement à la tension dans les hôpitaux de chaque région, elle est la même pour tout le pays – ce qui s'explique par le fait que le confinement était appliqué de la même façon dans toute la France. Ainsi, même à Marseille ou Bordeaux où les services des hôpitaux étaient loin d'être saturés par les malades de la Covid, les chercheurs ont été surpris de constater la même baisse, entre 25% et 35% d'hospitalisations en moins pour infarctus. 

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