A la Sorbonne, la foule a ponctué la minute de silence par une salve d'applaudissements et une Marseillaise
A la Sorbonne, la foule a ponctué la minute de silence par une salve d'applaudissements et une Marseillaise © MaxPPP

Des milliers de Français ont observé ce lundi midi une minute de silence en hommage aux victimes des attentats de Paris, les plus sanglants de l'histoire de France. Sur nos antennes, les ondes se sont tues, tandis que dans le métro, le silence arrachait des larmes aux usagers.

Sur les quais comme dans les rames du métro, à midi, ce message de la RATP dans les haut-parleurs, raconte Mathilde Lemaire, envoyée par Radio France sur les lieux : "Votre attention s’il vous plait, dans le cadre du deuil national en hommage aux victimes des attentats du vendredi 13 novembre, nous observons une minute de silence".

C’était important de s’arrêter, de se mettre debout, de penser à ce qui s’était passé. On sent dans le regard des gens l’empathie

Seuls quelques étrangers ont besoin de quelques secondes pour comprendre : les jeunes enlèvent leurs écouteurs, un homme raccroche son portable, sa voisine ferme son livre, une nourrisse prend dans ses bras l’enfant qu’elle garde. Plus un mot. Recueillement intense. Plusieurs personnes essuient leurs larmes. "C’était important de s’arrêter, de se mettre debout, de penser à ce qui s’était passé. On sent dans le regard des gens l’empathie", témoigne une usagère… A minuit une, le trafic reprenait.

> Le reportage de Mathilde Lemaire dans le métro parisien :

Devant le Bataclan, théâtre de l'attaque la plus meurtrière vendredi soir, plusieurs centaines de personnes ont observé la minute de silence, regards baissés ou yeux fermés, sans chants ni applaudissements.

Le Bataclan, c’était notre truc, quoi…Les gens n’ont pas le droit de mourir pour ça. Ce sont des cinglés… On vit dans un monde de malades

Philippe Randé, envoyé pour France Inter devant la salle de spectacle, rencontre des passants en pleurs. Des dizaines de personnes blotties les unes contre les autres, fixant des bougies placées au sol, comme des cercueils. Michel, en pleurs, est là, en voisin : "C’est toute ma vie ici, j’ai vécu ici, j’ai été à l’école ici. Le Bataclan, c’était notre truc, quoi…Les gens n’ont pas le droit de mourir pour ça. Ce sont des cinglés… On vit dans un monde de malades : ils étaient allés voir un concert, merde…"

> Le reportage de Philippe Randé devant le Bataclan :

A République, où 1.000 à 2.000 personnes s'étaient rassemblées, la minute de silence a été intense, à peine perturbée par quelques lointains coups de klaxons, et s'est achevée par une salve d'applaudissements. Près de la statue, le silence, les têtes baissées et le parfum puissant des milliers de bougies déposées là depuis vendredi.

Hommage à la Sorbonne en présence de François Hollande et Manuel Valls

A la Grande Mosquée de Paris, le recteur Dalil Boubakeur et une poignée de fidèles ont prié et écouté un enregistrement de la Marseillaise. A la Sorbonne, où s'étaient notamment déplacés François Hollande et Manuel Valls, la foule a ponctué la minute de silence par une salve d'applaudissements et une Marseillaise, également entonnée par le chef de l'Etat et le Premier ministre. Partout en France, le même recueillement a été observé à midi.

Dans les écoles, la minute de silence n’a pas été perturbée

A l’école, la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem avait demandé dans une lettre aux enseignants que la minute de silence dans les écoles, qui ont toutes rouvert lundi matin, soit précédée "d'un temps d'échange", car "les élèves vont avoir besoin de parler".

Aujourd’hui, nos élèves ont pris conscience que chacun pouvait être une cible potentielle. Ce n’est pas la lecture qu’ils avaient eu au mois de janvier. Mes élèves habitent pour certains dans la rue où a eu lieu l’explosion

Après les évènements de Charlie Hebdo, Ianis Roder, professeur d’histoire géographie en Seine-Saint-Denis, avait témoigné sur notre antenne de la difficulté à rassembler autour d’une minute de silence. Cette fois-ci, la minute de silence s’est déroulée dans le silence, avec gravité, dans un calme lourd et pesant. Chacun pouvait lire dans les yeux des élèves la gravité de la situation. "Nous avons beaucoup parlé avec les élèves. Resitué et mis en perspective les évènements. Aujourd’hui, nos élèves ont pris conscience que chacun pouvait être une cible potentielle. Ce n’est pas la lecture qu’ils avaient eu au mois de janvier. Tous auraient pu être victimes : mes élèves habitent pour certains dans la rue où a eu lieu l’explosion."

> Ianis Roder, professeur d’histoire géographie en Seine-Saint-Denis :

Antenne silencieuse et marche funèbre à Radio-France

A Radio-France, l’ensemble des antennes ont observé une minute de silence, retransmise en direct de l’auditorium de la Maison de la Radio où s’étaient rassemblés les salariés. Les musiciens de l’Orchestre national de France ont ensuite interprété sous la direction de Daniele Gatti La Marche funèbre (2ème mouvement) de la Symphonie N°3 « Héroïque » de Ludwig van Beethoven.

> L'hommage de Radio France sur toutes les antennes du groupe :

Partout, les drapeaux étaient en berne et le seront jusqu'à mardi, en vertu d'un deuil national de trois jours décrété samedi par le président François Hollande. Cette mesure exceptionnelle avait déjà été appliquée après les attentats de janvier. La tour Eiffel, elle, s’habillera de couleurs républicaines pour trois jours.

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