20% des stations-essence de France sont touchées
20% des stations-essence de France sont touchées © MaxPPP / Richard Mouillaud

Alors que la CGT annonce le blocage de toutes les raffineries de France, les automobilistes prennent d’assaut les stations-essences. Le mouvement, concentré au Nord et à l’Ouest touche d’autres région, tandis que le gouvernement appelle à ne pas céder à la panique.

Le mouvement de blocage des raffineries, nouveau mode de protestation contre la loi travail, a pris une nouvelle ampleur depuis lundi soir : sur les huit raffineries que compte le pays, six sont aujourd’hui bloquées . Mardi matin, les forces de l’ordre ont du intervenir dès 4h du matin pour débloquer le site pétrolier de Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône : près de deux personnes, notamment des militants CGT, bloquaient depuis la veille au soir l’accès à la raffinerie Esso et au dépôt de carburant, et ont opposé, selon la préfecture de police, une "résistance importante" à l'intervention des autorités. Les barrages filtrants à proximité ont , depuis, été levés.

►►►ECOUTER : A Fos-sur-mer, l'amertume des grévistes après l'intervention de la police, le reportage d'Olivier Martocq

Ce mardi matin, la CGT, par la voix d’Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral du secteur pétrole de la CGT, annonce que la grève est désormais votée dans huit raffineries sur huit en France, y compris celles d'Exxon Mobil : "Une grève a été votée ce matin à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime) en réaction à la charge des forces de l'ordre à Fos-sur-Mer".

Il va y avoir au minimum une baisse du débit de 50% à la raffinerie Exxon Mobil de Gravenchon. A Fos, la grève a aussi été votée. Plus aucun produit ne sort. Il y a maintenant huit raffineries sur huit en grève ( Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral du secteur pétrole de la CGT)

Carburants : le point sur les arrêts électoraux
Carburants : le point sur les arrêts électoraux © Radio France / Visactu

Au total, deux raffineries Total ( sur les cinq de France) à Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime) et Donges (Loire-Atlantique) sont touchées, celle de Feyzin (Rhône) est complètement à l’arrêt, et celle de Grandpuits (Seine-et-Marne) vient de rejoindre le mouvement.

Dans les Bouches-du-Rhône, près de Martigues, le débit a été réduit sur les sites de La Mède ou de Lavéra . Le blocage des installations pétrolières de Fos-sur-Mer ont nécessité l’intervention des forces de l’ordre, mais en Seine-Maritime, la CGT et FO ont lancé un appel à la grève sur le site de Port-Jérôme-Gravenchon .

La menace pèse aussi sur les sites du Havre , où le personnel des terminaux pétroliers, qui assure 40% des importations françaises, a voté la grève lundi soir.

La grève affecte légèrement la deuxième raffinerie de France, celle d'ExxonMobil, située sur la commune de Notre-Dame de Gravenchon, en amont du Havre:

La grève affecte légèrement la deuxième raffinerie de France, celle d'ExxonMobil, située sur la commune de Notre-Dame de Gravenc
La grève affecte légèrement la deuxième raffinerie de France, celle d'ExxonMobil, située sur la commune de Notre-Dame de Gravenc © Radio France / Eric Damaggio

La CGT annonce le blocage de toutes les raffineries françaises
La CGT annonce le blocage de toutes les raffineries françaises © Radio France / Visactu

20% des stations en grande difficulté

Ces blocages provoquent depuis plusieurs jours des difficultés d'approvisionnement de stations-service, alors que les automobilistes se ruent sur les pompes. La préfecture de la zone de défense et de sécurité de l'ouest a par exemple appelé lundi soir les automobilistes à ne pas procéder à des "approvisionnements de précaution " en carburant, estimant, selon un communiqué, que "rien ne les justifie".

Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat aux Transports, comptabilisait lundi soir près de "20% de stations qui sont fermées ou en grande difficulté " sur environs 12.000 recensées en France.

Sur les2.200 stations-service exploitées par Total en France, 678 étaient affectées lundi soir et 98 ont été réquisitionnées par les autorités, selon le groupe. D’après des chiffres du ministère de l’environnement, certaines stations-services ont enregistré, pendant le week-end, une consommation trois fois supérieure à la moyenne.

Bras de force entre le gouvernement et la CGT

Du côté du gouvernement, le message se veut rassurant. Manuel Valls appelait lundi les Français à ne pas céder à la panique, assurant que les dépôts de carburant seraient rapidement débloqués, comme ceux de Fos-sur-Mer ce mardi, mais aussi Dunkerque (Nord), Rouen (Seine-Maritime) et Lorient (Morbihan).

En déplacement en Israël, Manuel Valls a exprimé son "souci face à la dérive de la CGT ou une partie d'entre elle". Le Premier ministre a accusé le syndicat de "dérive" et de "chantage", alors que plusieurs ministres sont montés au créneau pour critiquer la centrale dirigée par Philippe Martinez, en pointe contre le projet de loi El Khomri depuis le 9 mars.

Il est inacceptable d'imposer ce chantage" (Manuel Valls)

Avant la huitième journée nationale de mobilisation programmée jeudi 26 mai par l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-UNL, Philippe Martinez, numéro un de la CGT a, lui, déploré que le gouvernement choisisse "de bomber le torse, (de) gonfler les muscles " au lieu d'être à "l'écoute de ceux qui ne sont pas contents ".

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a lui appelé ces opposants à la loi travail à "laisser avancer (...) une France qui travaille, une France qui produit, une France qui croit en son avenir ".

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