Nombreux sont les détenus qui détiennent un téléphone portable. Non content de braver un interdit, ils se créent de véritables communautés sur des réseaux sociaux comme Periscope.

Periscope, nouveau passe-muraille des détenus
Periscope, nouveau passe-muraille des détenus © Radio France / Periscope

C'est un interdit qu'ils bravent publiquement, par provocation presque. Dans les prisons, des détenus deviennent des stars des réseaux sociaux en organisant des diffusions en direct grâce notamment à Periscope, l'outil de live de Twitter.

Sur cet outil, où les vidéos sont plus ou moins éphémères, les détenus font visiter leur cellule, discutent avec des inconnus, répondent à leurs questions et se créent même une petite communauté de fans. Un comportement qui a valu à trois détenus de Béziers, début août, une comparution devant le tribunal correctionnel de Toulon, dans le Var. L'un d'entre eux a été condamné, pour l'exemple, à six mois supplémentaires.

Periscope, une provocation

Pour autant, les détenus qui utilisent l'application ont bien conscience de son caractère public. Pas de trafic, pas de noms ou de localisation, ceux qui filment tentent de rester anonymes. Mais en même temps, ils n'hésitent pas à répondre assez franchement aux questions des spectateurs, spectateurs qui semblent parfois être des habitués de ces rendez-vous vidéo, comme le fait ce détenu belge dans une diffusion qui a rassemblé plus de 900 utilisateurs.

"Sentiment d'impunité"

La présence de téléphones portables dans les prisons peut surprendre. Considéré comme une "arme" par les surveillants, parce qu'un smartphone permettrait de fournir des photographies et des vidéos qui faciliteraient l'identification du personnel pénitentiaire "cible", un téléphone procure aux détenus un "sentiment d'impunité". Celui qui se fait prendre n'écope généralement que de sursis. Une manière pour les juges d'acheter la paix sociale, estime Fabrice Caujolle, du syndicat Ufap-Unsa de la prison de Béziers.

Pour les proches enfin, les réseaux sociaux permettent pour les détenus de garder contact avec l'extérieur de façon plus chaleureuse qu'entre les murs d'un parloir. Principalement en dehors des horaires de visite, mais surtout pour les familles qui n'ont pas pu en bénéficier, explique François Bes, responsable enquêtes à l'observatoire international des prisons (OIP).

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.