On peut acheter toutes les drogues sur Internet
On peut acheter toutes les drogues sur Internet © MaxPPP / Patrick Nosetto

Le commerce de la drogue en Europe repose de plus en plus sur Internet. Selon un rapport de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), presque toutes les drogues illicites peuvent aujourd'hui être achetées en ligne et livrées par la poste.

Selon une étude de 2015 effectuée parmi 100 000 internautes dans le monde, 10% ont reconnu avoir déjà acheté de la drogue sur le web. Le recours au web reste limité, car le gros du trafic reste fermement enraciné dans le monde physique. Mais les marchés virtuels offrent des options plus variées aux acheteurs potentiels selon Alexis Goosdeel, directeur de l'OEDT.

La vitesse à laquelle les marchés des drogues se transforment grâce à Internet présente des défis majeurs aux services de répression, selon le rapport.

Web visible et web invisible

Selon le rapport de l'Observatoire européen des Drogues, la distribution d'euphorisants ou de substances concernées par un certain flou juridique se fait ouvertement sur le web visible. Les nouvelles substances psychoactives (NSP), euphorisants souvent présentés comme substituts aux drogues illicites existantes, mais parfois mortels, peuvent s'acheter sur quelque 650 sites en Europe, dont 150 francophones.

Mais il existe aussi le web invisible (dark net), où s'achètent cocaïne, héroïne et autres drogues illégales . L'accés à ces sites est plus difficile, car ils sont parfois protégés par des logiciels de cryptage. mais de plus en plus d'acheteurs parviennent à obtenir les compétences nécessaires ou des aides extérieures pour y accéder.

Un e-commerce qui pourrait perturber le trafic "habituel"

Les marchés de la drogue en ligne sont en pleine croissance. Tant et si bien qu'ils pourraient perturber le trafic de ces substances de la même manière que eBay, Amazon et PayPal ont bouleversé le commerce de détail, selon le rapport.

Le cannabis en tête des drogues illicites en France

Selon l'Observatoire Européen, le cannabis reste de très loin la substance illicite la plus consommée, aussi bien chez les adolescents qu’en population adulte, avec 17 millions de personnes à l’avoir déjà essayé (soit 41 % des individus âgés de 15 à 64 ans).

La proportion d’usagers récents (dans le mois) atteint globalement 6,6 % et son usage régulier (au moins 10 fois par mois) concerne près de 1,5 million de personnes en France.

La consommation de cocaïne , deuxième produit illicite le plus consommé, se situe bien en deçà et concerne environ dix fois moins de personnes, que ce soit en termes d’expérimentation ou d’usage dans l’année.

Toutefois, la part des 18-64 ans ayant expérimenté la cocaïne a été multipliée par quatre en deux décennies (de 1,2 % en 1995 à 5,6 % en 2014), signant la diffusion plus large d’un produit autrefois cantonné à des catégories aisées et touchant depuis quelques années l’ensemble des strates de la société.

Les niveaux d’expérimentation pour les substances synthétiques telles que la MDMA/ecstasy et les amphétamine s sont respectivement de 4,3 % et de 2,3 %. La proportion d’usagers actuels de MDMA/ecstasy a augmenté de manière significative entre 2010 et 2014 (de 0,3 % à 0,9 %) et atteint ainsi son niveau maximal depuis une décennie.

Enfin, la prévalence de l’expérimentation de l’héroïne est de 1,5 % pour l’ensemble des 18-64 ans.

►►►| CONSULTER

Le rapport annuel de l'Observatoire Européen des drogues (en Anglais)

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