les autorités sanitaires et la société de certification mises en cause par les victimes au procès des prothèses pip
les autorités sanitaires et la société de certification mises en cause par les victimes au procès des prothèses pip © reuters

Selon le site d'information Mediapart, un rapport interne de l'Agence du médicament évoque l'absence d'alerte sur la dangerosité des prothèse PIP et la dissimulation d'information au ministre de la Santé.

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Cependant, d'après le rapport que Mediapart date du début 2012, "l'augmentation des ruptures pour les prothèses PIP est amorcée dès 2006" et "l'Afssaps aurait dû réagir dès 2007 et au plus tard en 2008", alors que la recommandation d'un retrait préventif pour toute les femmes a été annoncé par les autorités sanitaires françaises fin 2011.

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L'Agence du médicament, ancienne Afssaps, se défend:

Ce n'est que deux mois après la remise publique du rapport officiel qu'un salarié de l'ANSM a remis de sa propre initiative à la direction générale une analyse personnelle et rétrospective établie sur la base des mêmes données toxicologiques et de matériovigilance que celles figurant dans le rapport remis au ministre de la Santé d'alors (Xavier Bertrand) le 1er février 2012.Il est donc inexact d'alléguer que le rapport officiel rendu public 2 mois plus tôt aurait été expurgé des éléments contenus dans ce document.Une instruction judiciaire étant ouverte sur ce dossier, l'Agence a spontanément remis au juge en charge de l'instruction le document élaboré par son salarié.

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Plus de 16.000 femmes se sont fait retirer leurs prothèses mammaires PIP contenant un gel de silicone frauduleux, selon le dernier bilan arrêté fin mai par l'ANSM. Le nombre de femmes porteuses de prothèses PIP en France est estimé à environ 30.000.

Pour sa part, Mediapart affirme que ce rapport a été rédigé au 1er trimestre 2012, puis saisi lors d'une perquisition au siège de l'Agence du médicament en avril 2012 à la demande de la juge d'instruction Annaïck Le Goff. Selon le site, "la direction de l'agence n'a pas divulgué ce document interne dont elle avait connaissance, mais a diffusé un rapport officiel, remis à Xavier Bertrand en février 2012, expurgé des informations les plus gênantes pour l'Afssaps". Réagissant aux affirmations de Mediapart, Me Philippe Courtois, avocat des victimes PIP, a estimé que l'agence n'a "rien fait pendant deux ans". "Avec un tel rapport, la mise en examen de l'agence doit être opérée rapidement. On est exactement dans la même situation que le Mediator", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le taux de "défaillance" constaté sur les implants PIP retirés est "à ce jour de 25,4%", avec 7.186 implants défectueux sur les 28.276 retirés chez 16.426 femmes. Les retraits préventifs avaient commencé après la suspension de la commercialisation de ces implants en mars 2010. Ils se sont accélérés à partir du début 2012, après la décision du ministère de la Santé de proposer des explantations même en l'absence de signe clinique de détérioration de l'implant. Un procès s'est déroulé en mai devant le tribunal correctionnel de Marseille contre le fondateur et patron de PIP, Jean-Claude Mas, qui nie la dangerosité de ses produits. Le jugement doit être rendu le 10 décembre.

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