C'était l'un des chevaux de bataille de l'association Emmaüs : faire inscrire, dans la loi, la lutte contre le gaspillage vestimentaire, sur le modèle de celle qui concerne le gaspillage alimentaire. Elle fait partie des mesures annoncées par le gouvernement dans sa feuille de route sur l'économie circulaire.

Les magasins de vêtements pourraient être bientôt obligés de faire reprendre leurs invendus par des associations
Les magasins de vêtements pourraient être bientôt obligés de faire reprendre leurs invendus par des associations © Maxppp / PHOTOPQR/LE PROGRES/ TRIAS PHILIPPE

La mesure fait partie de l'ensemble de dispositions annoncées lundi par Edouard Philippe, qui a détaillé la feuille de route du pour développer l'économie circulaire, c'est-à-dire la lutte pour le recyclage du plus de type de produits possibles : d'ici 2019, le gouvernement se fixe comme objectif que plus aucun vêtement invendu ne soit "jeté ou éliminé".  

"Pour l'instant, rien n'est vraiment précisé, c'est une feuille de route de présentation, mais c'est une bonne nouvelle", salue Valérie Fayard, directrice générale adjointe d'Emmaüs. L'association militait, depuis plusieurs mois, pour que le gouvernement prenne cet engagement. Mais il reste effectivement à fixer le cadre légal de la mesure, car cette feuille de route n'a pour l'heure valeur que de déclaration d'intention.

Empêcher les enseignes de détruire les invendus

Le modèle souhaité par Emmaüs, et que le gouvernement reprend dans sa feuille de route, est celui déjà appliqué dans la loi pour la lutte contre le gaspillage alimentaire : depuis 2016, chaque magasin alimentaire de plus de 400 mètres carrés est tenu de signer un accord avec une association caritative, pour la reprise des invendus alimentaires. Plus question de jeter ou de brûler des produits invendus. 

À terme, il devrait en être de même pour la filière textile. Car à l'heure actuelle, l'ampleur du phénomène de gaspillage est mal connu, et n'émerge qu'à coups de scandales qui touchent de nombreuses entreprises, comme H&M et Celio, récemment pointées du doigt, images à l'appui, et accusées de détruire des vêtements invendus, pour qu'ils ne soient justement pas récupérés. "Les enseignes veulent préserver leur marché ou leur image de marque, et ne pas donner leurs produits", déplorait il y a quelques semaines sur France Inter Pierre Duponchel, créateur de l'entreprise Le Relais.  

En France, chaque Français achète environ 30kg de produits textiles chaque année, mais seuls 2,5kg en sont recyclés.

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