Rapport 2015 sur la tolérance
Rapport 2015 sur la tolérance © MaxPPP / Thomas Padilla

Selon un rapport publié ce lundi par la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH), malgré la hausse des actes racistes (+22,4%) l’année dernière, la France de 2015 a gagné en tolérance.

C’est une conclusion très paradoxale à laquelle arrive à la CNCDH : alors que les actes racistes ont augmenté de 22,4% en 2015 (2.034 enregistrés, un record), la tolérance progresse nettement.

Les précisions de notre reporter Claire Chaudière.

Plus d’actes racistes

Les faits anti-musulmans ont triplé (223%) avec deux pics les jours qui ont suivi les attentats de janvier et novembre. Les actes antisémites ont, eux, diminué de 5,1%, bien que les préjugés persistent. Les autres faits racistes augmentent de 17,5%. La CNCDH précise qu’il ne s’agit que de délits ayant fait l’objet de plaintes, ce qui ne couvre pas tout le spectre du racisme quotidien.

A la réception du rapport ce lundi matin, Ericka Bareigts, Secrétaire d'Etat à l'Egalité réelle a exprimé sa "profonde déception de voir qu'en France, il est encore nécessaire de dresser un bilan du racisme, de l'antisémitisme et de la xénophobie ".

Plus de tolérance

La CNCDH a mené une enquête qualitative sur l’état de l’opinion, du 4 au 11 janvier. Les enquêteurs ont posé 69 questions, en face à face, à un panel de 1.015 personnes. Cet « indice de tolérance » augmente de 5 points, alors que cet indice était stable en 2014, et avait même baissé les années précédentes.

Comment expliquer ce paradoxe ?

Selon Christine Lazerges, la présidente de la CNCDH, les attentats ont provoqué un "choc émotif ", avec un refus des amalgames : "Il y a eu une sorte d’intériorisation que nous étions tous responsables de la montée du radicalisme ".

"Cela tient sans doute à la manière dont les pouvoirs publics, les églises, les syndicats, les partis politiques et les médias ont réagi tout de suite après Charlie. Par ailleurs, les psychologues nous disent que quand on a de grosses émotions comme celles des attentats, cela nous oblige à remettre en cause nos idées reçues, on se remet à réfléchir. La troisième piste, c'est qu'il se passe quelque chose à droite, avec une régression des crispations identitaires. " Nona Meyer, politologue et co-auteur du rapport de la CNCDH .

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Lire la synthèse du rapport 2015 de la CNCDH

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