Depuis la tentative de suicide par immolation d’un étudiant à Lyon, devant le Crous, sept des 26 centre régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) ont été vandalisés, dont celui de Caen, dans le Calvados, et celui du Rhône, selon les informations recueillies par France Inter.

L'entrée du bâtiment administratif du Crous de Caen (Calvados), incendié dans la nuit de dimanche à lundi.
L'entrée du bâtiment administratif du Crous de Caen (Calvados), incendié dans la nuit de dimanche à lundi. © Radio France / Nolwenn Le Jeune

Sont-ils visés ? Depuis dix jours, plus d'un Crous sur cinq a été vandalisé. Ce sont les chiffres fournis par le Centre national des œuvres universitaires et scolaires (Cnous), transmis à France Inter. Cela porte à sept bâtiments sur 26 antennes régionales du Crous - implantés, en métropole, sur la même carte que les académies - qui ont donc été visés par des dégradations ou des faits plus graves. Tandis que les locaux de Lyon, Lille, Nantes, Poitiers, Rennes ont, selon le Cnous, subis des tags ou des bris de glace, ceux de l’antenne de Caen ont été incendiés volontairement dans la nuit de dimanche à lundi. 

Le Cnous condamne avec la plus grande fermeté la tentative d’incendie volontaire qui a eu lieu (...) contre les locaux administratifs du pôle de Caen du Crous de Normandie”, indique d’abord un communiqué de presse, en date du 18 novembre. Le hall d’entrée a été complètement détruit, rapporte France Bleu Normandie

Un tag “La précarité tue” a aussi été inscrit en lettres jaunes devant l’entrée du bâtiment. Le même communiqué explique ensuite que “les Crous sont, depuis plusieurs jours, victimes de nombreuses attaques, menaces, insultes et dégradations. Ce climat délétère menace le travail quotidien réalisé par les agents au service de la vie étudiante”, dénonce le texte, précisant par ailleurs que les services administratifs du Crous normand ont dû fermer, en raison des dégâts provoqués par l’incendie. 

À propos de cet incendie, reconnaissant “la précarité étudiante”, le premier ministre s’est interrogé mardi lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale : “En quoi ce début d'incendie criminel peut-il aider en quoi que ce soit la situation des étudiants dans la précarité? En rien, évidemment”.

Dans la nuit de mardi à mercredi, la façade du Crous de Lyon a également été dégradée par des jets de projectiles et des tags, visant, là encore, à dénoncer la précarité étudiante, comme le détaille franceinfo. C’est là que, le 8 novembre, un étudiant de l’Université Lyon-2 s’immolait par le feu, en pleine rue, devant le bâtiment du Crous. Gravement blessé, il est toujours aujourd’hui plongé dans un coma artificiel, “stabilisé” mais “très gravement atteint” et “toujours dans un état critique” selon la ministre de l’Enseignement supérieur. Le jeune homme de 22 ans justifiait son geste dans un texte, évoquant ses difficultés financières et la précarité dans laquelle sont plongés de nombreux étudiants. 

Cet acte avait fait descendre de nombreux étudiants dans les rues, le 12 novembre, à Paris, Lyon, Saint-Étienne, Poitiers, Amiens, Annecy. La grille du ministère de l'Enseignement supérieur avait été endommagée en début de soirée.

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