Selon l'Association française de chirurgie, qui publie ce lundi un sondage effectué auprès de plus de 300 chirurgiens, seuls 38% d'entre eux se disent préparés aux situations d'attentat. Un constat alarmant alors que les menaces sont toujours présentes.

Les chirurgiens, pas assez préparés aux risques d'attentats ?
Les chirurgiens, pas assez préparés aux risques d'attentats ? © AFP / Thomas Samson

C'est l'Association française de chirurgie qui lance l'alerte : cette association qui fédère 20 000 chirurgiens viscéraux et digestifs a effectué un sondage auprès de plus de 300 chirurgiens français. Et le résultat est alarmant : 38% seulement se disent préparés aux situations d'attentats, et 22% ne savent même pas que les exercices de types "plan blanc", qui consistent à simuler des événements graves, existent. 

"Comme une poule devant un couteau"

C'est le cas du professeur Denis Collet : chef du service de chirurgie oesogastrique du CHU de Bordeaux, il exerce depuis 38 ans et opère des centaines de patients. Pourtant, il l'affirme : "Je serais un peu comme une poule devant un couteau" si la ville était touchée demain par une attaque d'ampleur. "Il y a un tas d'éléments spécifiques à la traumatologie viscérale d'urgence que je ne connais pas, qui ne m'ont jamais été enseignées". 

"Je n'ai jamais vu de plaie par balle"

Evidemment, ces connaissances, d'autres chirurgiens peuvent les avoir, mais en cas d'attaque massive, avec beaucoup de victimes, il faut beaucoup de médecins... et le sondage le dit : la plupart ne sont pas prêts. Selon l'association, pour être capable de mieux gérer un attentat massif, il faut davantage de préparation en traumatologie. 

Une formation à venir

Les plans blancs, qui doivent être organisés chaque année dans les hôpitaux pour simuler une attaque ou un événement grave, n'associent pas systématiquement les chirurgiens à l'exercice. Quant à la formation des médecins français, elle ne prévoit pas de module obligatoire en traumatologie. 

Pire encore, constate le professeur Paul Balandraud, chirurgien à l'hôpital militaire de Toulon, la réforme des études de médecine va conduire à spécialiser de plus en plus chaque chirurgien sur un seul organe : "Cela peut être inquiétant pour la traumatologie car celle-ci est transversale, il ne faut pas s'y contenter de l'abdomen, du thorax ou des membres inférieurs". 

Petite consolation malgré tout : la réforme prévoit une formation optionnelle en chirurgie de guerre et de catastrophe pour la rentrée 2020. Un premier pas mais qui sera limité à une cinquantaine de médecins formés chaque année.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.