Plusieurs milliers de personnes ont assisté ce mardi aux obsèques du père Hamel. Une cérémonie jugée par certains de ses proches comme décalée par rapport à la simplicité du prêtre

L'archevêque de Rouen, Mgr Lebrun, a célébré les obsèques du père Hamel devant une cathédrale comble
L'archevêque de Rouen, Mgr Lebrun, a célébré les obsèques du père Hamel devant une cathédrale comble © Maxppp / Charly Triballeau

« Plus jamais ça », les mots émus de l’archevêque de Rouen, Mgr Lebrun, devant le cercueil posé à même le sol, simplement recouvert d’une aube blanche, dans lequel repose le père Hamel, ce prêtre de 86 ans assassiné le 26 juillet par deux jihadistes en l’église de Saint Etienne du Rouvray.

Célébrées ce mardi après-midi à Rouen, les obsèques de Jacques Hamel se sont déroulées devant une cathédrale comble, 2 000 personnes s’étant massées à l’intérieur, alors que des centaines d’autres ont dû suivre la cérémonie sur un écran géant installé sur le parvis.

"Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent"

Les obsèques se sont déroulées sous haute sécurité: une vingtaine de camions de CRS étaient sur place, tandis que des dispositifs de filtrage avec fouille des sacs étaient installés. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, assistait à l'office funèbre aux côtés du président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, ancien élu local.

Parmi la foule présente dans la cathédrale, Mgr Lebrun a salué la présence de fidèles des communautés juive et musulmane, "très marquées et déjà décidées à s'unir pour plus jamais ça", avant que ne soit lu l’évangile choisi par la famille du père Hamel, "Le Sermon sur la montagne" de St Matthieu, dans lequel Jésus dit: "Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent". "Si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui la joue gauche", proclame ce texte.

« Blessés, atterrés, mais pas anéantis »

Présente dans les travées, la sœur Marie-Wandrille, qui a travaillé pendant 20 ans dans la paroisse du père Hamel. « Ce qui me frappe, c’est le contraste entre cet homme d’une discrétion rare, et là, il y a le ban, l’arrière-ban, le ministre de l’intérieur,… Ca ne lui ressemble tellement pas ! Il aurait sûrement aimé beaucoup plus de simplicité, et en même temps je trouve important que se manifeste, par la présence de gens de toutes les confessions, le souci qu’ils ont de ne pas entrer dans un cercle de vengeance, mais plutôt dans la construction de la paix. »

"Nous sommes blessés, atterrés, mais pas anéantis", a dit l'archevêque à la communauté catholique, avant d'inviter ceux qui en ont "oublié le chemin" à se rendre à l'église le 15 août et à allumer une bougie "pour dire (leur) refus de voir souiller un lieu saint".

Près de deux heures après le début de la cérémonie, le cercueil a quitté la cathédrale, applaudi par la foule sur le parvis. Le prêtre devait être inhumé "dans la plus stricte intimité familiale", dans un lieu tenu secret.

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