Le projet d'aéroport NDDL a provoqué une très forte mobilisation dans la région
Le projet d'aéroport NDDL a provoqué une très forte mobilisation dans la région © MaxPPP

Il faut revoir à la baisse le projet à Notre-Dame-des-Landes ou moderniser l'actuel aéroport à Nantes. Deux mois avant le référendum local ce sont les conclusions du rapport d'un collège d'experts rendu mardi au ministère de l'environnement.

Coup de tonnerre dans le bocage nantais. Un peu plus de deux mois avant le référendum sur la construction où non d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, trois experts ont rendu un rapport au ministère de l'environnement. Ils jugent le projet "surdimensionné" . Leurs conclusions sont "incontestables" a réagi Ségolène Royal.

C'est la ministre de l'environnement qui avait commandé ce rapport au mois de janvier. Elle qui n'a jamais caché son scepticisme à l'égard de cette construction d'aéroport leur a demandé d'examiner "les alternatives" ou les "solutions complémentaires" à ce projet qui oppose riverains, opérateurs, élus et défenseurs de l'environnement.

Manuel Valls a réagi rapidement lui aussi. Pour le premier ministre, ce rapport valide "la pertinence" du chantier à Notre-Dame-des-Landes.

Ces trois ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts ont donc étudié ce dossier "fruit d'une conception ancienne" rappellent-ils dans leur rapport. Notre-Dame-des-Landes a été évoqué pour la première fois dans les années 1960. Leur synthèse d'une soixantaine de pages se base sur d'autres études, notamment celle de la commission du dialogue, réalisée en 2013.

Révision à la baisse

Les experts ont donc planché sur des solutions. L'une d'elles consisterait à maintenir ce projet dans le bocage nantais mais à le revoir largement à la baisse. Ces spécialistes suggèrent la construction d'une piste de 2 900 mètres de longueur et 45 mètres de largeur plutôt que deux pistes de 3 600 mètres dont l'une, d'une largeur de 60 mètres. Cette restriction ferait gagner environ 200 hectares d'espace sur les quelques 600 prévus actuellement.

Pour ce qui est de la création d'une zone réglementaire de protection réclamée par les défenseurs de l'environnement, les experts estiment que la biodiversité "riche et variée" du site existe mais est "insuffisante" pour justifier un tel périmètre réglementaire.

L'alternative à Nantes ?

Le choix de Notre-Dame-des-Landes reste, selon ces experts, un "compromis acceptable " . Mais ils ont aussi étudié des alternatives et notamment la modernisation de l'actuel aéroport de Nantes . "L'agrandissement de l'aérogare est possible et la rénovation de la piste nécessaire" pour que la transformation de Nantes Atlantique reste une option. De quoi conforter tous les opposants à une construction dans le bocage de Loire Atlantique.

Plusieurs bémols sont cependant apportés à cette dernière solution. "Les questions du bruit resteraient prégnantes" préviennent les experts. Et la nécessité de maintenir l'aéroport ouvert pendant les travaux pourrait "peser sérieusement" sur les coûts. La facture s'élèverait à 300 millions d'euros pour un objectif de sept millionsde passagers annuels contre 4,4 millions en 2015. Mais ce chiffre n'inclut pas l'impact du chantier sur l'activité aéroportuaire.

Renouer le dialogue

Pour le ministère ce rapport va "nourrir le débat" deux mois avant le référendum promis par François Hollande . En juin les habitants de Loire-Atlantique diront "oui" ou "non" à la construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes . Si le "oui" l'emporte, Manuel Valls a prévenu que le chantier démarrerait en octobre.

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Notre-Dame-des-Landes : un projet "disproportionné"
Notre-Dame-des-Landes : un projet "disproportionné" © IDÉ
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