les états-généraux sur la pma repoussés à l'année prochaine
les états-généraux sur la pma repoussés à l'année prochaine © reuters

Dans une tribune publiée par Le Monde, 130 médecins et biologistes de la reproduction (sous l'égide de René Frydman, l'un des "pères" du premier "bébé-éprouvette" français) avouent avoir aidé illégalement des femmes à tomber enceintes, et proposent le lancement d'un véritable "plan pour la fertilité", quelle que soit la sexualité de chacun.

Près de trois ans après l'adoption du mariage pour tous et des semaines de manifestations, le gouvernement semble devenu frileux sur les questions de société . Le dossier de la procréation médicalement assistée pour tous, que beaucoup considéraient comme une suite logique, est resté gelé et même la ministre de la Famille Laurence Rossignol ne semble pas vouloir s'y risquer.

À titre personnel, j'y suis favorable pour les couples lesbiens, et il me semble que toute la gauche l'est. Le problème est clair : jusqu'où fait-on remonter le niveau d'excitation ? Les vociférations de la Manif pour tous ont tout paralysé.

C'est cet immobilisme que dénoncent les 130 signataires de la tribune, tous spécialistes ou praticiens, sur le modèle du manifeste "Oui, nous avortons" paru en 1973.

Nous, médecins, biologistes, reconnaissons avoir aidé, accompagné certains couples ou femmes célibataires dans leur projet d’enfant dont la réalisation n’est pas possible en France.

► ► ► DOCUMENT | Lire la tribune complète sur le site du Monde

Pour le professeur Israël Nisand, obstétricien à Strasbourg, la France a des années de retard sur ses voisins

Lever les inégalités et lutter contre l'infertilité

Ils dénoncent ce qu'ils considèrent comme quatre grandes incohérences du droit français, qui empêchent des femmes d'avoir un enfant dans des conditions optimales.

  • Le manque d'ovocytes et plus largement de donneuses , liées à un manque de mesures pour le développer ("campagne d'information locale, dédommagement et prise en charge correcte, création de personnel dédié à l'information...")
  • L'impossitbilité de réaliser une analyse génétique de l'embryon qui permettrait d'éviter "la répétition d'échecs d'implantations, ds fausses couches ou des anomalies chromosomiques qui peuvent conduire à des douloureuses interruptions thérapeutiques de grossesses".
  • L'interdiction de l'autoconservation ovocytaire préventive , qui permettrait pourtant, réalisée "alors que la fertilité est encore satisfaisante mais sans projet de grossesse dans l'immédiat", de ne pas prendre le risque de ne jamais pouvoir tomber enceinte. Une procédure dont l'équivalent est possible sur simple ordonnance pour les hommes.
  • L'interdiction du don de sperme pour une femme célibataire , alors même qu'une femme célibataire peut élever ou adopter un enfant. Pour les signataires, il devrait être possible "sans préjuger de son mode relationnel actuel ou futur, homo- ou hétérosexuel".

En plus de la levée de ces interdictions, la tribune propose "un plan contre l'infertilité" d'ampleur nationale. Un plan d'autant plus nécessaire que "15 % en âge de procréer consulte" et que la prévention contre l'infertilité fait aujourd'hui "cruellement défaut".

Selon les spécialistes et les praticiens, toutes ces mesures permettraient aussi de mieux contrôler la procréation médicalement assistée, souvent pratiquée à l'étranger faute de pouvoir le faire en France , et de vérifier qu'elle se déroule bien dans le respect de "deux principes fondamentaux :la non-commercialisation du corps humain et le refus d'utiliser ou d'aliéner une autre personne à son profit". Des principes dont les représentants de la Manif pour tous eux-mêmes jurent qu'ils commandent leur action.

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