C'est l'une des annonces du Premier ministre, ce mercredi : l'extension de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes contenue dans le projet de loi bioéthique sera examinée à l'Assemblée "fin septembre". Une avancée maintes fois reportée et très attendue par des associations LGBT et de mères seules.

L'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules a été plusieurs fois reportée.
L'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules a été plusieurs fois reportée. © Maxppp / Leon Tanguy

Malgré les rumeurs d'un nouveau report après les élections municipales, le projet de loi bioéthique, qui comprend l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, sera "adopté en Conseil des ministres fin juillet". Il sera examiné à l'Assemblée _"dès la fin septembre"_, a annoncé Edouard Philippe lors de sa déclaration de politique générale. Maintes fois promise, jamais adoptée, les pro-PMA pour toutes s'impatientent.

Le projet de loi pourrait ouvrir l'accès à la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. Elle est déjà autorisée pour les couples hétérosexuels en âge de procréer et dont au moins l'un des membres est stérile ou porteur d'une maladie grave, susceptible d'être transmise au conjoint ou à l'enfant. Elle leur permet d'avoir recours à différentes techniques médicales (insémination artificielle, fécondation in vitro, accueil d'embryon) pour concevoir un enfant. 

Les associations LGBT et de mères seules sur la réserve

Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) s'est déjà prononcé à deux reprises en faveur de l'élargissement, qui était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Mais l'inscription du texte à l'agenda parlementaire a pris du retard. Si le Premier ministre se dit "persuadé" de la possibilité d'un "débat serein" sur ce sujet épineux, le gouvernement avance à tâtons, craignant de raviver des contreverses, quatre ans après l’affrontement autour du mariage homosexuel. 

"Les débats sur la PMA ne doivent pas être l'occasion pour les obscurantistes de _jouer le match retour du texte sur la mariage pour tous_", s'inquiète la présidente de GayLib, Catherine Michaud. Le co-président de SOS Homophobie, Joël Deumier, promet également de rester "vigilant lors du débat pour qu'il soit respectueux et constructif".

La parole politique sur la PMA pour toutes s'est vidée de sens à coups de mensonges répétés.

Aux vues des reports successifs depuis 2012, les pro-PMA pour toutes restent donc prudents. "Tant que c'est pas voté, on reste focus", commente la militante féministe Caroline De Haas sur Tweeter. 

Alice Coffin, co-fondatrice de l'Association des journalistes LGBT, peine à croire à cet engagement, tant _"_la parole politique sur la PMA pour toutes s'est vidée de sens à coups de mensonges répétés".

La fin d'une inégalité complète, discriminante et injustifiée

"C'est vraiment une excellente nouvelle, se réjouit Isabelle Guéguen, membre de l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), ça faisait longtemps qu'on attendait ça." Cette évolution signerait à ses yeux "la fin d'une inégalité complète, discriminante et injustifiée", mais aussi d'un véritable "parcours du combattant" pour celles qui décident de "partir à l'étranger" pour bénéficier de la PMA. 

Au contraire, pour la présidente la Manif pour Tous, Ludovine de La Rochère, "c'est une erreur politique et une injustice sociale". Dans un communiqué, elle annonce que "le mouvement social de La Manif Pour Tous est prêt à se mobiliser, dans la durée". Les opposants à la PMA pour toutes voient dans cette ouverture une rupture de la filiation et un pas vers la GPA (Gestation pour autrui) pour les couples homosexuels.

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