Alors que la députée Agnès Thill a été exclue de La République en Marche pour son positionnement sur la PMA pour toutes, le parti de la majorité s'apprête à réaliser un véritable examen de conscience dans ses rangs, où plusieurs voix s'interrogent notamment sur les questions bioéthiques.

L'Assemblée nationale lors d'une séance de questions au gouvernement.
L'Assemblée nationale lors d'une séance de questions au gouvernement. © AFP / LIONEL BONAVENTURE

Le cas de l'éviction de la députée de l'Oise Agnès Thill des rangs de La République en Marche a beau être assez extrême, d'autres députés de la majorité se posent des questions sur la PMA pour toutes, qui doit entrer en débat à l'Assemblée nationale en septembre

"Il y a pour moi un fondement qui est l'amour entre deux personnes", explique la députée de l'Eure, Marie Tamarelle-Verhaeghe, qui admet se poser des questions. "Qu'une femme seule ait un désir profond d'enfant, je le comprends et je le conçois. Mais donner la possibilité de porter un enfant uniquement parce qu'elle a ce désir m'interpelle."

Elle assure que sa voix est entendue au sein du groupe. Une position qui tranche avec celle d'Agnès Thill qui dénonçait "un parti de la pensée unique" lors de son éviction.

Questionnement sur la bioéthique

Jean-François Mbaye, député du Val-de-Marne, se dit complètement ouvert à l'extension de la PMA pour toutes, mais souhaite aussi que le texte réponde à certains cas particuliers. "Dans le cas d'une femme qui, malheureusement, va perdre son conjoint, faut-il lui dire qu'elle ne peut pas utiliser les gamètes de son défunt mari pour faire une PMA ? Il y a un vide juridique qu'il faut combler."

Jean-François Mbaye pilotera dès début juillet des sessions d'échange au sein du groupe parlementaire de la majorité. À ses côtés, le député Thomas Mesnier espère que cette initiative permettra de "se dire les choses, calmement, que chacun puisse donner ses convictions et poser ses questions, que ce soit aussi un espace d'information. Cela reste un sujet très technique."

L'objectif du parti est donc de "libérer la parole en interne", pour affiner la ligne, et ainsi empêcher des communications discordantes, et l'hystérisation du débat qui pourrait en découler.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.