L'Ifremer vient de publier son dernier bilan des ressources marines. En 2018, un peu moins de la moitié des stocks de poissons pêchés par les professionnels français sont bien exploités. Une situation qui évolue en fonction des zones et des espèces. Que faut-il alors acheter sur les étals ? Tour d'horizon.

Quels poissons pouvons nous acheter sans pénaliser les ressources marines ?
Quels poissons pouvons nous acheter sans pénaliser les ressources marines ? © Getty / Bloomberg / Simon Dawson

Le constat de l'Ifremer n'est pas alarmiste, mais les résultats présentés montrent que, malgré la régulation des activités de pêche, la situation des ressources marines est mitigée. Dans son dernier bilan, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, qui a effectué plus de 25 campagnes d'observation en mer et récolté les données de près de 7 000 professionnels de la pêche, dresse le constat suivant : 48% des volumes pêchés dans les eaux de France métropolitaine sont issus de stocks exploités durablement. C'est-à-dire capturés tout en permettant la reproduction des espèces.

Par contre, plus d'un quart des stocks (27%) subissent la surpêche et pour 22% d'entre eux, il est impossible de se prononcer clairement sur leur état, par manque de données. 

C'est en Méditerranée que la situation est préoccupante : seulement 6% des stocks de poisson sont pêchés correctement, 8% sont victimes de surpêche et 72% ne sont pas en mesure d'être évalués. 

Un constat global à relativiser puisque selon la commission européenne, les ressources marines entre 2003 et 2016 ont augmenté de 39% au niveau européen. En clair, il y a des efforts de gestion des stocks à poursuivre, mais la situation s'améliore depuis le début des années 2000.

Le consommateur peut s'impliquer dans la préservation des espèces. Sur les étals, les étiquettes sont censées indiquer non seulement l'espèce mais aussi la zone de pêche du poisson. Voici de quoi vous aider à remplir votre panier :

C'est OK !

Que ce soit en baie de Seine et en baie de Saint-Brieuc (les deux principaux gisements du mollusque en France), la situation des coquilles Saint-Jacques est non seulement excellente, mais en plus elle s'améliore d'année en année. Après les records de 2017, selon les données de l'Ifremer, les stocks de 2018 vont au-delà pour atteindre environ 63 000 tonnes (baie de Seine) et 48 000 tonnes (baie de Saint-Brieuc). Une situation qui n'avait pas été aussi favorable depuis 1973.

Au niveau des poissons, le cabillaud de mer de Norvège se porte bien, tout comme le merlu de l'Atlantique. Dans le Golfe de Gascogne, les stocks d'anchois augmentent régulièrement. En 2018, ils ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 1987 avec 130 000 tonnes. C'est 10 000 de plus qu'en 2017. Une très bonne année pour l’anchois, malgré le fait que depuis l’an 2000, les analyses montrent que le poids moyen des jeunes anchois a diminué. Dans cette même zone, les stocks de soles sont bien exploités avec 13 000 tonnes, mais à seulement 3 000 tonnes du seuil de non renouvellement de l'espèce.

On oublie !

À des degrés différents, il est fortement conseillé d'éviter le cabillaud en Manche est et de Mer du Nord. La situation de l'espèce s'améliore depuis le début des années 2000 mais elle reste victime de surpêche et le stock de géniteurs est tout juste suffisant depuis 2016 pour permettre à l'espèce de se reproduire. Les stocks de merlus de Méditerranée, de merlans et d'églefins de mer Celtique et de mer du Nord sont surpêchés. 

Le bar, en Manche, mer du Nord et mer Celtique est en mauvaise posture depuis une dizaine d'années selon les données de l'Ifremer. La population d'adultes et donc de géniteurs a beaucoup diminué. En 2015, la Commission européenne a pris en urgence des mesures, notamment de restriction de capture, afin d'inverser la tendance. Les toutes dernières données de 2018 semblent indiquer que la situation tend à s'améliorer. En attendant, mieux vaut s'en passer dans la cuisine.

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