La création de la PSQ était une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron à la présidentielle. Gérard Collomb dévoile son plan dans le grand amphithéâtre de l'Ecole militaire, à Paris, un exercice aux allures de grand oral pour le premier flic de France.

Gérard Collomb lance sa politique en matière de Police de sécurité du quotidien
Gérard Collomb lance sa politique en matière de Police de sécurité du quotidien © AFP / THIERRY ZOCCOLAN

Le budget conjoint de la police de la gendarmerie a été adopté à l’Assemblée : 19 milliards 220 millions, en hausse de 253 millions, soit 1,34%.  Sur la durée du quinquennat, quelque 10 000 policiers et gendarmes devraient être recrutés. Des dizaines de communes (Aulnay-sous-Bois, Lille, Grenoble, Toulouse, etc.) se sont portées candidates, avec bien souvent l'espoir de glaner des effectifs supplémentaires au regard des 10 000 créations de postes annoncées sur le quinquennat.

"Police sur mesure", "mieux équipée", "davantage connectée", "plus proche des attentes de nos concitoyens" ou "plus partenariale" : depuis plusieurs semaines, Gérard Collomb égrène les grands principes de la future police de sécurité du quotidien sans dissiper le flou entourant cet engagement de campagne d'Emmanuel Macron.

Marseille a testé le rapprochement police-population ces dernières années autour de ce que l’on appelle les "noyaux villageois", une centaine de comités de quartiers. De gros moyens ont aussi été alloués dans plusieurs zones de sécurité prioritaires, les ZSP version Manuel Valls.

Pour un résultat contrasté, car en dehors d’opérations coup de poing et des brigades spécialisées, il n y a aucune présence permanente.

Est-ce faire du neuf avec de l'ancien ?

La PSQ a fait l’objet d’une consultation auprès des membres de la police et de la gendarmerie. Ils sont 70 000 (sur 250 000 au total) à avoir répondu à un questionnaire pour définir leurs priorités.

Au sein des forces de l'ordre, d'aucuns craignent que les annonces ministérielles se limitent à labelliser "PSQ" des mesures déjà actées - comme la forfaitisation de la consommation de cannabis ou la création d'un délit d'outrage sexiste punissant le harcèlement de rue - voire préalablement engagées sous le précédent quinquennat, telles que l'utilisation par les forces de l'ordre de tablettes numériques et de caméras mobiles enregistrant leurs intervention ou le développement des brigades de contact en gendarmerie.

Les explication d'Emmanuel Leclère

D'ici 2020, le gouvernement veut donc une "action renforcée" de la police dans 60 quartiers qui rappelle la logique des zones de sécurité prioritaire (ZSP) lancées par Manuel Valls et qui ne sont pas supprimées. 1 300 effectifs supplémentaires y seront affectés d'ici la fin du quinquennat. 

Des quartiers difficiles de Lille, Aulnay-sous-Bois/Sevran, Strasbourg, Corbeil-Essonnes, Besançon, Lyon, Montpellier, Marseille (quartiers nord), Pau, Toulouse, Bordeaux, Nouméa, Champigny-sur-Marne, Trappes, Sarcelles/Garges-les-Gonesse feront partie de la première vague de ces "territoires laboratoires" en septembre prochain.  

D'autres zones à Calais, Roubaix/Tourcoing, Creil, Forbach, Torcy, Noisiel, Mulhouse, Vénissieux, Saint-Etienne, Nice, Marseille (Saint-Charles), Nîmes, Nantes, Paris, Le Havre, Asnières/Genneviliers/Colombes seront dans la deuxième vague.   

En zone gendarmerie, 20 départements sélectionnés bénéficieront de 500 effectifs dédiés, majoritairement en Auvergne-Rhône-Alpes et dans l'Ouest de la France.

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