Que ce soit par leur pouvoir, leurs convictions, leurs prises de parole ou leur médiatisation, certaines femmes se sont imposées comme des personnalités incontournables des années 2010. Portraits.

S'il fallait n'en retenir que quelques-unes – sélection bien sûr subjective et non-exhaustive – voici les 20 femmes qui ont façonné les années 2010.
S'il fallait n'en retenir que quelques-unes – sélection bien sûr subjective et non-exhaustive – voici les 20 femmes qui ont façonné les années 2010. © -

Elles ont marqué la décennie au fer rouge. Qu'elles soient femmes politiques de premier plan, précurseuses dans leur domaine, défenseuses acharnées de grandes causes, ou bien stars adulées sur les réseaux sociaux. Qu'elles changent le monde, ou qu'elles le divertissent. S'il fallait n'en retenir que quelques-unes – sélection bien sûr subjective et non-exhaustive – voici les 20 femmes qui ont façonné les années 2010.

Greta Thunberg : on est sérieux quand on a 17 ans

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. © AFP / Carlos Costa

Son regard bleu acier a de quoi faire baisser les yeux des politiciens quand elle leur parle CO2 et déforestation. Greta Thunberg est arrivée un peu tard sur le devant de la scène de la décennie, mais est devenue en quelques mois une incarnation de la lutte contre le réchauffement climatique, en particulier la porte-parole d’une jeunesse de plus en plus sensibilisée à ce sujet. 

Le 4 décembre 2018, la jeune Suédoise prend la parole à la COP24, le sommet des Nations unies sur les changements climatiques. Depuis, elle s’est aussi exprimée notamment devant le parlement britannique et l’Assemblée nationale française. Toujours avec la même maturité, le même aplomb, la même gravité. Le 11 décembre, celle qui soufflera sa 17e bougie le 3 janvier, est désignée personnalité de l’année 2019 par le magazine Time.

Angela Merkel : chancelle mais tient bon

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. © AFP / Bernd Von Jutrczenka

Eh oui, 2010 est toujours la décennie d’Angela Merkel, femme politique la plus puissante au monde. Cela fait depuis 2005 que la figure de l’Union chrétienne démocrate (CDU) est chancelière fédérale d’Allemagne. Merkel a été désignée treize fois "femme la plus puissante du monde" par le magazine Forbes.

À plusieurs reprises fragilisée, notamment par le revers de la CDU/CSU lors des élections fédérales de 2017, la dirigeante de 65 ans tient toujours le coup. Mais la décennie 2020 sera-elle aussi placée sous le signe d’Angela Merkel ? Rien n’est moins sûr : la chancelière a promis que son mandat actuel, qui s’achève en 2021, sera son dernier.

Malala Yousafzai : l'école de la paix

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. © AFP / Safin Hamed

En 2012, à la sortie de son école au Pakistan, Malala Yousafzai est victime d'une tentative d'assassinat. Ciblée notamment à cause d'un blog qu'elle tient pour la BBC, où elle décrit avec acuité la vie sous le joug taliban, et notamment l'oppression des femmes. Malgré la balle qui lui traverse le cou et le crâne, elle survit. Depuis, Malala Yousafzai poursuit sa lutte contre l'extrémisme religieux et pour le droit à l'éducation. Elle se bat aussi pour la scolarisation des jeunes filles dans le monde entier. En 2014, à 17 ans seulement, elle décroche le prix Nobel de la paix, devenant ainsi la plus jeune lauréate de l'histoire du prix. 

Simone Biles : triples saltos en or 

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. © AFP / Thomas Kienzle

S’il fallait retenir une athlète, ce serait elle. À 22 ans, Simone Biles a redéfini la notion de la limite en gymnastique, avec une constance redoutable tout au long de la décennie. Quadruple championne olympique à Rio. Quintuple championne du monde au concours général de gymnastique, en 2013, 2014, 2015, 2018 et 2019. Mais pourquoi diable n’a-t-elle rien gagné en 2016 et 2017 ? Ne cherchez-pas, elle avait pris une année sabbatique. C’est simple : avec 25 récompenses, Simone Biles est la gymnaste la plus médaillée de l’histoire sur la scène mondiale. Ne manquent plus que quelques médailles d’or aux JO de Tokyo pour commencer la décennie 2020 du bon pied.

Emma Gonzalez : désarmante

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. © AFP / Jim Watson

Son visage, couvert de larmes de tristesse et de rage, a frappé. En mars 2018, Emma Gonzalez prononce un discours poignant lors de la "Marche pour nos vies". Plus d’un million d’Américains, réunis pour dire stop aux tueries par armes à feu. Un mois plus tôt, Emma Gonzalez a réchappé à la fusillade de Parkland, en Floride. Dix-sept lycéens tués à l’arme semi-automatique par un ancien élève. 

La jeune femme interpelle Donald Trump, en pointant du doigt, selon elle, son inaction et devient une porte-parole du mouvement "Never again" : "plus jamais ça". Emma Gonzalez est depuis une figure incontournable de la lutte contre la "National Riffle Association" (NRA), tout puissant lobby défenseur du port d'armes à feu aux États-Unis.

Christine Lagarde : macro-économiste

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. © AFP / Daniel Roland

Première femme nommée directrice du Fonds monétaire international (FMI) de 2011 à 2019, désignée récemment présidente de la Banque centrale européenne (BCE), première titulaire de ce poste sans formation d'économiste ni expérience de banquière centrale, Christine Lagarde, 63 ans, avocate de métier, ancienne vice-championne de France de natation synchronisée, a appris à coordonner et à s’imposer dans un univers très masculin. Tout ça en étant relativement populaire : 63% des Français ont une opinion positive de Christine Lagarde, selon un sondage publié en juillet. Assez pour revenir jouer un rôle politique sur le plan national ? Rien n’est moins sûr : 7 sur 10 pensent qu’elle ne ferait pas un bon président de la République. 

Theresa May : par ici la sortie 

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. © AFP / Wiktor Szymanowicz

Elle était au pied du mur alors qu'il menaçait de s'effondrer. Après des mois de chaos politique en Grande Bretagne et de déchirements autour du Brexit, Theresa May a démissionné de sa fonction de Premier ministre le 24 mai 2019, au bord des larmes, devant la porte du 10 Downing Street. À 62 ans, elle avait pris la tête du gouvernement en juillet 2016, dans la foulée du référendum qui avait vu les Britanniques voter à 52% en faveur de la sortie de l'Union européenne. Une sortie que l'ex-Première ministre a payé et qui semble maintenant inévitable, après que son successeur Boris Johnson a triomphé ce décembre en remportant la majorité au Parlement britannique. 

Christiane Taubira : sed lex

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. © AFP / Jean-Marc Quinet

Son visage restera celui d'une des lois qui a sans doute déchaîné le plus de passions durant la décennie : celle ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, approuvée par l'Assemblée nationale le 17 mai 2013. Christiane Taubira a marqué les mémoires par ses discours et ses réponses enflammées à l'opposition : tantôt lapidaires et courroucées, "vous ne savez pas qu'il y a autant d'amour dans un couple homosexuel que dans un couple hétérosexuel !", tantôt lyriques et invoquant des poètes comme Verlaine ou Aimé Césaire. Des talents d'oratrice reconnus de ses partisans et de ses détracteurs. Depuis, Christiane Taubira se fait plus discrète. Mais elle reste adulée d'une partie de la gauche, qui espère toujours un retour sur la scène politique de premier plan. 

Dilma Rousseff : plus dure sera la chute

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. © AFP / Paulo Lisboa

Le glas sonne en 2016 pour Dilma Rousseff, première femme investie présidente du Brésil en janvier 2011. La chef d'État est destituée, accusée d'avoir maquillé les comptes publics. Surnommée la "dame de fer", comme une certaine Margaret Thatcher avant elle, Dilma Rousseff était reconnue pour son tempérament bien trempé et louée pour sa capacité de travail, avant de voir sa cote de popularité passer sous les 10%, après que son nom a été associée au scandale de corruption de la société pétrolière Petrobras. Ancienne guerillera torturée sous la dictature militaire, adoubée et poussée par son prédécesseur le président Lula, Dilma Rousseff a laissé son empreinte sur la décennie 2010. De par son ascension, comme de par sa chute.

Marine Le Pen : dans les pas de Papa

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. © AFP / Denis Charlet

Ses succès électoraux en attestent : Marine Le Pen a durant cette décennie consolidé la place du Front national, devenu sous sa houlette Rassemblement national, dans le paysage politique français. Son parti arrive en tête des élections européennes de 2014, du premier tour des élections régionales en 2015... Sans oublier le second tour de l'élection présidentielle de 2017, 15 ans après son père Jean-Marie Le Pen en 2002. Des succès souvent attribués par les observateurs à une "dédiabolisation" du mouvement d'extrême-droite. Mais la base militante du parti s'effriterait-elle ? Selon un haut-responsable du RN, interrogé en mai, le mouvement ne compterait plus que 25 000 adhérents à jour de cotisation, contre un peu plus de 30 000 à la rentrée 2018.

Peggy Whitson : une vie dans les étoiles

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. © AFP / Kirill Kudryavtsev

En 2016 et 2017, vous l’avez sûrement vue poser aux côtés du Français Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale internationale. La chercheuse de la Nasa, doctorante en biochimie, est une vétérante des expéditions spatiales. Avec 665 jours au total, Peggy Whitson détient le record du temps passé dans l’espace pour un astronaute américain. De 1992 à 1995, elle dirige le volet scientifique du programme de coopération russo-américaine Shuttle-Mir. Peggy Whitson s’inscrit dans la longue lignée des pionnières de l’espace, lignée entamée par la Russe Valentina Terechkova, toute première femme à se rendre dans l’espace en 1963. Peggy Whitson reste aussi, à ce jour, la seule femme à avoir commandé la Station spatiale internationale. 

Maryam Mirzakhani : boss des maths

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. © AFP / The Seoul Icm

Vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais Maryam Mirzakhani est la seule femme récipiendaire de la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques. C’est en 2014 qu’elle décroche la récompense avec trois autres chercheurs, pour "ses contributions exceptionnelles à la dynamique et la géométrie des surfaces de Riemann et leurs espaces de modules". Pour faire simple, la surface de Riemann, c’est une notion qui permet de prendre en compte les singularités et les complications topologiques qui accompagnent certains prolongements analytiques de fonctions holomorphes. Toujours pas ? Bref. Avec cette médaille, Maryam Mirzakhani a marqué un champ disciplinaire encore vu, par certains, comme la chasse gardée des hommes. Malheureusement, la chercheuse iranienne nous a quittés en 2017, à 40 ans seulement. En pavant, sans doute, la voie d’une future génération de mathématiciennes

Alyssa Milano : un hashtag pour sortir du silence

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. © AFP / Brendan Smialowski

Jusqu'ici, elle était surtout connue pour son rôle dans la série des années 2000 Charmed. Mais, depuis 2017, Alyssa Milano s'est érigée en combattante du mouvement #MeToo, hashtag datant de 2013 qu'elle a relancé en 2017, à la suite de la vague d'accusations lancées contre le producteur hollywoodien Harvey Weinstein. "Si vous aussi vous avez été harcelée ou sexuellement agressée, répliquez 'me too', 'moi aussi', à ce tweet" :

Sa partenaire dans Charmed, Rose McGowan, a elle aussi incité les femmes à sortir du silence, en étant la première à accuser Harvey Weinstein. L'actrice a d'ailleurs publié un livre au vitriol, "Debout", où elle dénonce l'hypocrisie du système hollywoodien. Tout ça en refusant de mentionner le nom du producteur : "nous connaissons tous le nom du Monstre, mais j’ai fait le choix de ne pas l’utiliser. Je n’aime pas le nom du Monstre (...)  je refuse qu’il figure dans mon livre." 

Susan Wojcicki : dites-le avec des vues

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. © AFP / Kimberly White

Susan Wojcicki est depuis 2014 la "CEO", comprendre directrice générale, de la plateforme de vidéos en streaming Youtube. On comprend aisément pourquoi quand on constate le pouvoir et l'influence de Youtube aujourd'hui. L'an dernier, le site a chaque mois compté plus d'1,9 milliards d'utilisateurs connectés. À 51 ans, Wojcicki, qui a affûté ses armes chez Google, est souvent listée dans les classements des femmes les plus puissantes du monde. Elle est aussi considérée par le magazine Time comme "La femme la plus puissante d'Internet". 

Emma Watson : actrice et féministe

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. © Getty / Pacific Press

"Lui pour elle". En juillet 2014, Emma Watson est nommée par l'ONU Femmes "ambassadrice de bonne volonté". Depuis, l'actrice a fait du combat pour l'égalité femmes-hommes l'un de ses chevaux de bataille : "Nous luttons pour un monde uni, mais la bonne nouvelle, c'est que nous avons un mouvement uni : 'He for She', 'Lui pour elle", conclut l'actrice en citant le nom de sa campagne de solidarité, à la fin d'un discours unanimement applaudi par les Nations unies. Modèle pour les adolescentes du monde entier dans la saga Harry Potter, Emma Watson est devenue durant la décennie une voix féministe qui, portée par sa notoriété, résonne dans le monde entier. En février 2019, la Britannique faisait partie des personnalités réunies à l'Élysée, dans le cadre du Conseil pour l'égalité entre les femmes et les hommes. 

Beyoncé : icône afro-américaine

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. © AFP / Matt Cowan

Bête de scène, capable d’assurer des shows de plusieurs heures en dansant en talons aiguilles et en s’époumonant sans faiblir. 6 albums dont 2, "Beyoncé" et "Lemonade", acclamés par la critique. Une performance sur l’hymne national, lors de l’investiture de Barack Obama. Deux accouchements sur-médiatisés, en 2012 et 2017. L'ancienne membre du trio "Destiny's Child" aura traversé la décennie en renforçant un statut de star incontournable. Son tube "Formation", à la gloire des femmes et de la culture afro-américaine, est même devenu la chanson la plus récompensée de l’histoire… devant un certain "Thriller" de Michaël Jackson. 

Adele : voix royale

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. © AFP / Kevin Winter

"Never mind, I'll find someone like you", "pas grave, je retrouverai quelqu'un comme toi", se lamente Adele dans son hymne de rupture amoureuse devenu culte. Difficile, en tout cas, de trouver quelqu'un comme l'artiste britannique. Une star qui, quoi qu'elle sorte, connaîtra à coup sûr un succès fracassant. Deux albums sortis en 2011 et 2015, sobrement intitulés "21" et "25", écoulés respectivement à 31 et 22 millions d'exemplaires à travers le monde. 15 Grammy Awards, la récompense musicale la plus prestigieuse. Le 4 septembre 2018, Adele reçoit sa pierre gravée au Royal Albert Hall Walk of Fame, à Londres. À 31 ans et en une décennie, la chanteuse, qui décrit son style musical comme de la "soul de cœur brisé", a d'ores et déjà marqué de sa voix chaude l'Histoire de la musique. 

Rihanna : pop caméléon

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. © AFP / Christopher Polk

Ok, "Riri" a commencé à sévir dans les années 2000. En 2005 très précisément, avec son tube Pon De Replay, avant de nous inviter en 2007 à nous réfugier sous son "Umbrella" (ela, ela, eh, eh). Mais il faut se rendre à l’évidence : la dernière décennie est clairement celle où la chanteuse barbadienne a conforté sa position de star. Des tubes fédérateurs comme "We Found Love", "Diamonds", "Work"... Rihanna est l'artiste la plus certifiée de toute l'histoire de la musique digitale. Mais comme chanter des morceaux qui finissent numéro 1 peut être lassant, Rihanna s’est aussi essayée à la mode. Et là encore, le succès est écrasant. Les adolescentes s’arrachent sa marque de produits de beauté, Fenty Beauty, qui depuis 2017 a généré 500 millions de dollars. Sans oublier un partenariat fructueux avec la marque de luxe LVMH. L’empire Rihanna a encore de beaux jours devant lui.

Emilia Clarke : reine en série

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. © AFP / Jason Merritt

Il suffira parfois d’un rôle. Dans les années 2000, Emma Watson s’y est collée en prêtant ses traits à Hermione Granger, l’inoubliable sorcière meilleure amie d’Harry Potter. Et dans les années 2010, ce rôle culte revient sans doute à Emilia Clarke. Visage emblématique de la non moins emblématique série "Game of Thrones", qui entre 2011 et 2019 s’est imposée comme série de la décennie. Emilia Clarke est et reste, pour l’instant, Daenerys Targaryen. Première du nom, reine de Meereen, Suzeraine des 7 Couronnes, Protectrice du Royaume, Mère des dragons et Imbrûlée (pour la version courte). Ou sinon, appelez-la "Khaleesi" : "reine", dans la langue du peuple dothraki, et prénom de milliers de petites filles nées dans la décennie. À voir si, comme Emma Watson, Emilia Clarke réussira à se dissocier d’un personnage qui colle à la peau. Spoiler : ça risque d’être compliqué.

Kim Kardashian : le triomphe du vide

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. © AFP / Angela Weiss

Ne rien faire suffit parfois pour marquer une décennie et à ce jeu-là, Kim Kardashian est sans doute la grande gagnante des années 2010. Ne rien faire, d’accord, mais à condition d’être filmé et de se mettre en scène sur les réseaux sociaux. Tout a commencé en 2007 pour "Kim K", avec l’émission de télé-réalité "L’incroyable famille Kardashian", ou le quotidien filmé 24h/24 d'un foyer américain. Depuis, Kim Kardashian a profité de l’explosion des réseaux sociaux pour élargir son royaume médiatique. Ils sont 63 millions sur Twitter et 154 millions sur Instagram à suivre ses essayages et ses vacances idylliques. Sans oublier un mariage ultra-commenté en 2016, avec le rappeur Kanye West. Et en 2014, une photo qui "casse Internet" : Kim Kardashian qui fait tenir un verre en équilibre précaire sur son volumineux fessier. Champagne, et en vous souhaitant une belle décennie 2020.

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