Le gouvernement organisait le 16 octobre les États généraux de la politique de la ville. Quarante ans après son lancement, quel bilan et quel avenir pour nos quartiers ?

Emmanuel Macron en déplacement à Sarcelles dans le Val-d'Oise, lors de la campagne présidentielle en avril 2017.
Emmanuel Macron en déplacement à Sarcelles dans le Val-d'Oise, lors de la campagne présidentielle en avril 2017. © Maxppp / Maxppp

Lancée à la fin des années 1970, la politique de la ville a pour but de réduire les inégalités entre les territoires et revaloriser certains quartiers urbains dits "sensibles". Quarante après, le constat est plus que mitigé.

Un budget 2018 sanctuarisé

Mi-octobre, élus, chefs d'entreprises et associations se réunissaient à Grigny, dans l'Essonne pour les États généraux de la politique de la ville. Une réunion qui se déroulait dans un contexte morose, après la décision du gouvernement d'amputer le budget de cette politique de 46,5 millions d'euros, soit 11% du budget total qui s'élève à 411 millions d'euros. Mais l'État promet de ne pas y toucher en 2018.

Pour Gilles Leproust, maire (PF-FDG) d'Allonnes dans la Sarthe, il s'agit tout simplement de "mépris". Sa commune de 11 000 habitants, avec 50% de logements sociaux, voit ses dotations baisser de 24 000 euros pour la politique de la ville. Ajoutez à cela la réduction des contrats aidés et des allocations logement. "La République doit exister partout et son rôle c'est que quelque soit le lieu où vivent les habitants, ils puissent avoir accès à la diversité des droits et aujourd'hui, ce n'est pas vrai", rappelle l'élu.

Un sentiment partagé par Stéphane Troussel : "Si le gouvernement, plutôt que de s'occuper des très riches, voulait consacrer un tout petit plus d'attention aux quartiers populaires et à ses habitants, il mettrait en place des moyens et des dispositifs pour que la timide reprise économique profite d'abord à ceux qui en ont le plus besoin", affirme le président (PS) de la Seine-Saint-Denis.

Une politique d'intention, mais pas d'action ?

C'est la critique qui revient sans arrêt depuis son instauration : l'intention d'aider les quartiers défavorisés est bien là, mais en quarante ans, l'impression reste la même : celle de stagner. En 1990, après les émeutes de Vaulx-en-Velin en banlieue lyonnaise, le président François Mitterrand décide de créer un ministère de la Ville et le confie à Michel Delabarre. Bernard Tapie, Simone Veil, Jean-Louis Borloo ou encore Myriam El Khomri lui succéderont. Aujourd'hui, c'est Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires qui s'en charge.

Les ministres se succèdent et les plans pour "soigner" la banlieue aussi : plan de rénovation des grands ensembles, loi SRU (qui instaure en 2000 les 20% de logements sociaux dans certaines communes), la création des ZEP (et autres ZRU, ZFU..etc), la loi pour l'égalité des chances, les contrats de ville et les ZUS (zones urbaines sensibles) qui ont finalement été remplacés en 2015 par 1 300 quartiers prioritaires (contre 2 500 auparavant)... Pourtant rien n'y fait, les inégalités persistent.

Les inégalités persistent dans les quartiers de la politique de la ville. Infographie Visactu, réalisée le 3 mai 2016.
Les inégalités persistent dans les quartiers de la politique de la ville. Infographie Visactu, réalisée le 3 mai 2016. © Visactu / Visactu
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