Cette étude, menée sur des lapins, montre que les effets de l'exposition aux pots d'échappement affecteront également la deuxième génération

pollution, une étude sur des lapins montre que les nanoparticules arrivent jusqu'au fœtus
pollution, une étude sur des lapins montre que les nanoparticules arrivent jusqu'au fœtus © CC Ketzirah Lesser & Art Drauglis

On le sait, les particules fines ont des effets néfastes sur la santé. Qu'en est-il sur les fœtus ? Une enquête conjointe de l'INRA et de l'INSERM, menée sur des animaux à qui on a fait inhaler des nanoparticules de diesel pendant la gestation, montre que l'exposition maternelle chronique aux pots d'échappement entraîne des effets délétères sur la croissance et le métabolisme des fœtus, et ce jusqu'à la deuxième génération .

L'étude a porté sur une vingtaine de lapins. Des lapins parce que les femelles ont un placenta plus proche du placenta humain que les traditionnelles souris utilisées en laboratoire. Pendant toute la gestation, qui dure 31 jours, ces lapins ont inhalé des gaz d'échappement de moteur diesel à des niveaux proches de l'exposition quotidienne des populations lors d'un pic de pollution aux particules fines. Résultat : en fin de gestation, le fœtus affiche un léger retard de développement, il est plus petit que la normale.

A l'image, on voit que les nanoparticules arrivent jusqu'au fœtus. *Pascale Chavatte palmer est directeur de recherche à l'INRA
*On les voit dans les poumons des mamans, puis dans leur sang ensuite elles passent dans le placenta et on les retrouve dans le sang des fœtus

Mais surtout, l’originalité de cette étude, c'est qu'elle démontre, qu'une fois arrivés à l’âge adulte, les jeunes lapines dont les mères ont été exposées, présenteront elles-mêmes des anomalies placentaires qui affecteront leurs propres fœtus.

Pascale Chavatte
Le placenta est modifié il y a des anomalies métaboliques, et donc on voir que les petits enfants des mamans polluées ont un métabolisme déjà modifié dans leur vie fœtale

Et ce constat n'est pas sans conséquence car ces anomalies favoriseront à l'âge adulte chez ces lapins de deuxième génération l'apparition de problèmes métaboliques, tels qu'obésité, diabète, et cholestérol.

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