L'ONG Greenpeace a publié son cinquième rapport annuel sur la pollution numérique. Et si certains ont fait de gros efforts, d'autres, comme le géant Amazon, ont régressé.

Les data centers consomment une quantité d'énergie considérable, souvent majoritairement fossile.
Les data centers consomment une quantité d'énergie considérable, souvent majoritairement fossile. © Maxppp / KEYSTONE/MAXPPP TEAMSHOOT

Plus de 4.000 centres de données extrêmement gourmands en énergie, et qui sont bien souvent alimentés par des énergies fossiles donc polluantes : c'est ce que passe en revue chaque année l'ONG Greenpeace dans son rapport sur la pollution numérique, c'est-à-dire l'effet physique de nos connexions numériques sur la planète.

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Gros progrès chez Apple

Car chaque clic, chaque mail envoyé, chaque chanson écoutée sur un service de streaming engendre des transferts de données depuis ces "data centers" souvent gigantesques, et donc une certaine consommation d'énergie.

Depuis cinq ans, certaines entreprises ont fait de gros progrès : c'est le cas d'Apple qui s'était engagé à se convertir au renouvelable et qui alimente désormais 83% de ses besoins en énergie avec des énergies propres.

Les data centers Amazon parmi les mauvais élèves

A l'inverse, d'autres ont régressé : c'est le cas du géant du commerce en ligne Amazon. L'entreprise s'était engagée à atteindre un seuil de 40% d'énergies renouvelables en 2016... aujourd'hui selon le rapport de Greenpeace il n'en est qu'à 17%.

Comment expliquer ce mauvais score ? Pour Jérôme Frignet, directeur des programmes de Greenpeace France, "Amazon ne sélectionne pas ses lieux d'implantation en fonction de la disponibilité des énergies renouvelables", et a par exemple ouvert "de nouveaux data centers dans des zones comme la Virginie, qui est un état charbonnier des Etats-Unis, où il réduit sa part d'électricité renouvelable".

Situations de monopole en Asie

Parmi les mauvaises élèves figurent aussi les entreprises high-tech chinoises comme Baidu (l'équivalent de Google), mais la raison à cela est structurelle selon Greenpeace : "Dans cette région du monde, les fournisseurs d’énergie bénéficient de situations de monopole et n’offrent qu’un accès limité aux énergies renouvelables", explique l'ONG dans la note accompagnant son rapport. En Corée toutefois, Samsung semble faire des efforts pour utiliser des énergies plus vertes, note l'association.

GreenPeace réalise ce classement depuis 2010, et il a vu les choses évoluer : on le sait, les grosses entreprises du numérique n'aiment pas trop être pointées du doigt.

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