Paris connaît, selon l’association AirParif, son plus fort épisode de pollution hivernale en dix ans. Pourtant, ses niveaux de pollution sont cinq fois moins élevés qu'ailleurs.

Pekin fait également partie des villes extrêmement polluées dans le monde
Pekin fait également partie des villes extrêmement polluées dans le monde © AFP / Greg Baker

Le pic de pollution que subit la région parisienne (et au-delà) depuis plusieurs jours est sans égal depuis au moins dix ans : selon Airparif, l’association qui surveille les niveaux de pollution dans la capitale, la semaine devrait être celle du pic de pollution hivernal le plus long et le plus intense arrivé à Paris depuis au moins dix ans.

L’épisode de pollution aux particules fines, qui se traduit par des taux de concentration supérieurs à 80 microgrammes par mètre cube d’air (le “taux d’alerte”), devrait durer jusqu’en fin de semaine, et va être étendu à Lyon jeudi et vendredi, où des taux similaires ont été identifiés. A Paris, la journée du 1er décembre a vu un record historique atteint, à cause du chauffage au bois et du trafic routier : 146 microgrammes par mètre cube.

Et pourtant, ce chiffre est loin, très loin même des records mondiaux de pollution. En mai dernier, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié un rapport sur la pollution aux particules fines en milieu urbain, dont le niveau a augmenté de 8% en cinq ans.

Concentrations record au Nigeria et au Pakistan

Et le palmarès des grandes villes les plus polluées fait état de niveaux jusqu’à cinq fois supérieurs au record parisien du début du mois. La ville la plus polluée du monde, Ontisha au Nigeria, a enregistré en 2009 une concentration record de 594µg/m3 ; suivie par Peshawar au Pakistan (540µg/m3) et Rawalpindi, au Pakistan également (448µg/m3).

En cause, dans la très forte pollution d’Onitsha : la combustion des hydrocarbures (le Nigeria étant un gros producteur de pétrole), mais aussi une circulation très dense. La ville est un carrefour commercial où voies fluviales et voies routières sont nombreuses. Or, selon une enquête publiée lundi dans Le Monde, il existe très peu d’études en Afrique sur la pollution de l’air, et en particulier encore moins qui fassent le distinguo entre les différentes sources de pollution.

D'autres expériences de circulation alternée ?

Des mesures comme la circulation alternée sont donc encore loin d’être mises en place dans les pays les plus pollués du monde, même si quelques initiatives ont été initiées, comme en Chine en 2008 au moment des Jeux olympiques. Mais d'autres solutions existent : la première recommandation, c'est de porter un masque, si possible avec un filtre ; ou d'activer chez soi un purificateur d'air. Lorsque les seuils maximaux de pollution sont atteints, les usines et les écoles ferment.

►►►ÉCOUTER | Le reportage à Pékin de Dominique André

D'autres expériences se sont installées de façon durable : à Mexico, qui a longtemps été considérée comme la ville la plus polluée du monde, le système de vignettes de couleur nommé "Hoy no circula" ("Aujourd'hui ça ne circule pas") a été mis en place dès 1989, d'abord pour un hiver, ensuite de façon pérenne.

►►►ÉCOUTER | Milan qui n’y va pas avec le dos de la cuillère et peut aller jusqu’à interdire complètement la circulation si les conditions l’exigent : le reportage de Mathilde Imberty

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