Alors qu’ils subissent un épisode de pollution hivernale sans précédent, les Français commencent à demander des comptes aux autorités. Souvent sans réponse satisfaisante.

Annemasse et la Vallée de l'Arve, le 7 janvier, après le 23e jour d'alerte à la pollution
Annemasse et la Vallée de l'Arve, le 7 janvier, après le 23e jour d'alerte à la pollution © AFP / JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Un air vicié pendant près d’un mois dans la vallée de l'Arve, des pics répétés à Paris, mais aussi dans la vallée du Rhône depuis le début du mois de décembre 2016, l'agglomération grenobloise ou encore la Haute-Garonne : l’épisode de pollution hivernale qui a traversé la France est inédit.

Si des mesures ponctuelles ont été prises, comme la circulation alternée, la limitation de vitesse ou encore la gratuité des transports en commun, les habitants ne se contentent plus des réponses apportées par les autorités.

Les Parisiens inquiets pour leurs enfants

A Paris, la mairie du XIIIe arrondissement organisait une réunion publique jeudi 6 janvier, pour informer ses administrés sur l’épisode.Signe que le sujet inquiète, ils sont 200 dans la grande salle des mariages de la mairie, à écouter, religieusement, le constat angoissant du docteur Adeline Fenières, médecin de PMI (protection maternelle et infantile), qui évoque des "phénomènes d’irritation voire d’infection, qui vont altérer un arbre respiratoire, voire réduire le diamètre des bronches". Les conséquences sont terribles sur les tout-petits, dont les voies respiratoires sont déjà réduites et fragiles. En clair : plus la particule est fine, plus elle va au fond du petit poumon rose et passe même dans le sang ou le tube digestif.

En face, les parents soucieux demandent comment faire aux pédiatres présent, qui préconisent de continuer à aérer les habitations, mais de ne pas proposer aux enfants de activités qui les feraient "hyper-ventiler", mais plutôt de privilégier les "jeux calmes". On retiendra aussi que les plantes dépolluantes ne dépolluent pas, que les filtres à air n'ont pas fait leur preuve et que les masques ne servent à rien.

►►►ÉCOUTER |GRAND ANGLE "Je suis parisienne depuis toujours donc je sais que la pollution, je n’y échappe pas », le reportage lors la réunion publique à Paris, par Delphine Évenou.

Vallée de l’Arve : les habitants se rebiffent

Malgré la fin du pic de pollution aux particules fines dans la vallée de l’Arve en Haute Savoie, les manifestations s’enchaînent. Ce vendredi, un nouveau rassemblement est prévu à Sallanches, le lendemain à St Gervais. Pour les manifestants la pollution n’est redescendue que temporairement, et les élus ne prennent toujours pas les mesures à la hauteur des enjeux.

Jeudi soir, 300 citoyens ont perturbé les vœux du maire de Passy, commune polluée aux particules, encore plus que la région parisienne. Dans la salle des fêtes, la cérémonie a tourné court: sifflets des manifestants, masques, quintes de toux simulées, face au maire de Passy, venus leur souhaiter bonne année …et bonne santé.

Beaucoup de jeunes parents ont interpellé les élus, mais aussi Gérard Decors militant écologiste historique de la vallée : "On est obligé de faire ça !". Les manifestants sont venus avec des revendications précises : plus d’aides pour les ménages modestes qui veulent changer de cheminée, mais aussi faire des transports en commun, limiter les camions et les rejets des industries dans la vallée.

►►►ÉCOUTER | Réunion agitée pour les voeux du maire de Passy : le reportage d'Anne-Laure Barral

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