Des milliers de personnes habillées en noir ont manifesté samedi devant le Parlement polonais contre la proposition de loi qui prévoit des peines de cinq ans de prison pour une IVG

A Varsovie, certains manifestants brandissaient le tristement fameux cintre métallique
A Varsovie, certains manifestants brandissaient le tristement fameux cintre métallique © Reuters / Kacper Pempel

La loi actuelle n'autorise l'avortement que seulement dans trois cas : le risque pour la vie ou la santé de la mère, une grave pathologie irréversible chez l'embryon et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste. Mais c’est encore trop pour "Stop avortement", une association indépendante conservatrice qui a déposé un projet de loi qui visé à interdire totalement l'IVG et qui a été admis aux travaux parlementaires par le vote d'une forte majorité des députés.

A l'appel d'un comité "Sauvons les femmes", les manifestants se sont à nouveau réunis ce samedi devant le Parlement polonais en brandissant des drapeaux noirs, des cintres, symbole des IVG pratiquées dans la clandestinité, et des pancartes: "Stop aux fanatiques au pouvoir", "On a besoin de soins médicaux, non pas de ceux du Vatican" ou "On veut des médecins, non pas des policiers".

La Pologne, gouvernée depuis 2015 par la droite conservatrice catholique, possède déjà une des législation parmi les plus restrictives en Europe. Le projet débattu au Parlement et qui apparaît comme le produit d'une offensive de l'Eglise catholique de Pologne, prévoit une peine de prison pouvant atteindre cinq ans tant pour les médecins et autres personnes participant à l'IVG, que pour les patientes elles-mêmes, mais autorise le juge à renoncer à punir ces dernières.

Le projet de loi pour libéraliser l'avortement de "Sauvons les femmes" a lui été rejeté en première lecture au parlement

Le reportage à Varsovie de Damien Simonet

Seules quelques centaines d'avortements sont officiellement pratiquées chaque année dans le pays même si les associations de défense de l'IVG dénoncent la multitude d'avortements clandestins. D'après des militants du droit à l'IVG, plusieurs dizaines de milliers de femmes avorteraient illégalement, nombre d'entre elles se rendant en Allemagne ou en Slovaquie.

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