Il n'a jamais gagné le Tour mais a conquis durablement le cœur des Français : Raymond Poulidor.

Poulidor raconte Poulidor (1977)

Jamais vainqueur du Tour, Raymond Poulidor n’en a pas moins un palmarès riche de 189 victoires chez les professionnels. Et surtout, il a affronté deux géants, Jacques Anquetil puis Eddy Merckx, sans perdre une miette de son immense popularité, alimentant d’ailleurs la légende selon laquelle les Français n’aiment pas les vainqueurs.Cette popularité, il a su avant même la fin de sa carrière, la monnayer comme en témoigne ce disque pressé en 1977.

Poulidor se raconte
Poulidor se raconte © Radio France

Le Revard tombeau des espérances (1965)

Dans le Tour, la déception a souvent été la compagne de Raymond Poulidor.Mais rarement il l’a confessé avec autant de franchise qu’à son arrivée au sommet du Mont Revard, à l’issue d’un contre-la-montre dominé par l’inattendu (et futur vainqueur) Italien Felice Gimondi. En 1965, Jacques Anquetil avait déclaré : « mes contrats n’augmenteront pas si je gagne un sixième Tour et j’ai tout à perdre à l’inverse ».Ainsi débarrassé de son rival, « Poupou » se sentait invincible…jusqu’à cette arrivée de la 18ème étape où il avait prévu d’enfiler le maillot jaune.

### Une chute le réduit au rôle d’équipier modèle (1967) Une fois de plus, Raymond Poulidor fait partie des favoris du Tour 1967 auquel ne participe pas Jacques Anquetil. Et une fois de plus, il va tomber !Cette fois, c’est dans la descente du col d’Harrenberg entre Strasbourg et Belfort… Vélo faussé, guidon vrillé, privé du soutien de l’équipe de France occupée en tête à dynamiter l’équipe italienne de Felice Gimondi, Poupou entame une poursuite dans le vent qui va l’épuiser.Résultat : une énorme défaillance dans l’ascension du Ballon d’Alsace et la perte d’un Tour qu’il va s’employer à faire gagner à Roger Pingeon.Mais pour la dernière étape, un contre-la-montre arrivant au Parc des Princes, il va surclasser tout le monde, démontrant qu’il était sans doute le plus fort…une fois de plus. ### Les grandes espérances (1973) Après une année 1972 somme toute réussie, sanctionnée par une 3ème place sur un Tour outrageusement dominé par Eddy Merckx, et une victoire dans Paris-Nice, Raymond Poulidor aborde 1973, à l’âge de 36 ans, avec une ambition renouvelée.Il gagnera à nouveau Paris-Nice, et sera victime d’une chute spectaculaire dans la 13ème étape entre Bourg-Madame et Luchon qui le contraindra à l’abandon ! ### Dans le rétro (2004) En 2004, il publie en compagnie de Jean-Paul Brouchon qui a couvert 44 Tours pour Radio France, « Poulidor par Raymond Poulidor ». Un livre de mémoires dont le succès démontre une popularité presque intacte. Il est préfacé par Eddy Merckx et on y découvre l’amitié qui l’a lié (après sa carrière) à Jacques Anquetil. Un livre qui va le propulser sous les feux des plateaux de télévision qui n’étaient pas à priori son meilleur terrain d’expression mais où il va se révéler aussi un excellent « client ». ### Toujours là (2010) Populaire (toujours) et accessible, Raymond Poulidor est toujours passionné par le Tour et prêt à en parler pendant des heures.Ici, il est au départ de la 4ème étape Cambrai-Reims, l’invité de Christian Palka pour éclairer les auditeurs de France Bleu Nord.
Christian Palka et Poulidor en 2010
Christian Palka et Poulidor en 2010 © Radio France / Stéphane Capron
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