Le réseau social basé sur la photo Instagram teste depuis ce jeudi dans six nouveaux pays une nouvelle version de son application, dans laquelle le compteur de "likes" d'une photo n'est plus visible. Son objectif : abandonner la course aux photos les plus likées.

Instagram fait partie des réseaux sociaux les plus populaires au monde
Instagram fait partie des réseaux sociaux les plus populaires au monde © Getty / Chesnot / Contributeur

Ils sont pour certains une manne financière, pour d'autres un moyen de se faire valoir comme "influenceurs", pour beaucoup une addiction : ce sont les "likes", ces petits cœurs omniprésents sur l'application Instagram qui pourraient bien petit à petit perdre de leur importance au sein de ce réseau social essentiellement consacré à la photo. 

Dire "j'aime" reste possible, mais le compteur a disparu

Depuis ce jeudi, dans sept pays, Instagram a supprimé le compteur de "j'aime" qui apparait en-dessous de chaque photo. Cette expérimentation, en vigueur depuis avril au Canada, est donc désormais également appliquée en Irlande, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Italie, au Brésil et au Japon. En revanche, Instagram indique ne pas savoir si le test sera étendu à la France - et si oui, quand il le sera.

Concrètement, il reste toujours possible d'envoyer un petit cœur sur une photo, mais les utilisateurs ne peuvent plus voir le nombre de "j'aime" qu'a reçu chaque photo, ni le nombre de lectures de vidéo - en revanche le propriétaire d'une photo peut, lui (et lui seul) voir le nombre de petits cœurs reçus.

Pourquoi ce revirement ? La responsable des politiques publiques d'Instagram, Tara Hopkins, explique : "Nous voulons qu'Instagram soit un lieu où les gens sont à l'aise avec le fait de s'exprimer. Cela implique de les aider à se focaliser sur les photos et les vidéos qu'ils partagent, pas sur le nombre de "j'aime" qu'ils ont". En avril dernier, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, maison mère d'Instagram, avait annoncé lors de sa conférence annuelle l'arrivée de cette nouvelle version. 

Le "like", une "erreur" sur les réseaux sociaux ?

Cette disparition du "j'aime" s'inscrit dans une tendance plus vaste où la course à l'adhésion, aux fans, est de plus en plus décriée. En avril dernier également, le PDG de Twitter Jack Dorsey avait dit que si c'était à refaire, le bouton "j'aime" n'aurait jamais existé. Et quelques jours plus tard à peine, les autorités britanniques avaient publié un guide de bonnes pratiques à l'attention des réseaux sociaux... parmi lesquelles on trouvait une recommandation invitant à supprimer ce bouton "like" - du moins pour les utilisateurs mineurs. 

Pourquoi le "j'aime" a-t-il un effet nocif ? Il repose sur un mécanisme psychologique appelé la "boucle de rétroaction" : plus on a de "likes", plus on a envie d'en avoir, et ainsi de suite. L'absence de "likes" provoque une sensation de manque, et peut pousser à adapter ses publications pour qu'elles soient plus aimées. 

Mais alors, pourquoi supprimer seulement le compteur, et pas tout simplement le bouton "j'aime" ? L'explication vient de l'utilité qu'il présente pour les plateformes elles-mêmes. Car à chaque fois que vous indiquez aimer une publication, l'algorithme du réseau social en tient compte pour affiner les recommandations notamment publicitaires qu'il vous fait. Ces boutons d'interaction sont donc le principal outil des algorithmes, il semble aujourd'hui impensable de s'en séparer. 

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