Ce samedi, la Marche des fiertés revient, après une année 2020 sans événement en raison de la crise sanitaire. Et avec une nouveauté cette année : le cortège ne partira pas du cœur de Paris mais de Pantin, en Seine-Saint Denis.

Beaucoup de jeunes étaient mobilisés pour le départ du cortège depuis Pantin, ce samedi en début d'après-midi
Beaucoup de jeunes étaient mobilisés pour le départ du cortège depuis Pantin, ce samedi en début d'après-midi © AFP / Marion Ferrere

Il n'y avait pas eu de "Marche des fiertés" en 2020, en raison de la crise sanitaire : un cortège impromptu s'était rassemblé à Paris le dernier week-end de juin, mais hors du cadre de l'inter-associative LGBT , qui organise l'événement. Cette édition 2021 marque donc le retour de cette marche créée en 1977, mais dans une configuration inédite. 

En effet, pour la première fois de son histoire, la marche s'élancera de banlieue parisienne : le départ du cortège, prévu à 15h samedi, se fera de l'église de Pantin, en Seine-Saint-Denis. Cela représente "quelques centaines de mètres symboliques, mais la symbolique est extrêmement forte pour nous", selon le co-président de l'inter-LGBT , Mathias Neviere. Il explique : 

"Les personnes LGBTQI qui vivent dans les quartiers défavorisés sont d'autant plus fragilisées par rapport à leur situation que d'autres. Ce n'est pas dans le cœur de Paris que les personnes LGBTQI vont rencontrer le plus de difficultés". 

"La Seine-Saint-Denis est le département le plus pauvre de métropole, donc [faire partir la marche de ce département] est aussi un marquer politique", poursuit le co-président de l'association. Au-delà des grandes villes, il y a encore peu de lieux de refuge, d'aide ou d'écoute. Pour Matthieu Gatipon-Bachette, porte-parole de l'inter-LGBT , les associations qui tentent d'agir dans ces zones doivent être aidées : "L'enjeu n'est plus rue de Rivoli, il est dans les zones périurbaines, dans les quartiers populaires, dans les petits villages, où il faut qu'on puisse apporter un soutien aux personnes LGBT". 

L'initiative fait suite à la création, en 2019, de la première "marche des fiertés en banlieue" qui avait eu lieu à Saint-Denis. "L'idée c'est que les personnes LGBT des banlieues puissent marcher chez elles au quotidien sans être inquiétées", a expliqué samedi sur Franceinfo le réalisateur Hakim Atoui, qui a réalisé le documentaire "La Première marche" sur la création de cette marche il y a deux ans.  

Si l'initiative est saluée, "on est encore trop proche de Paris : plus on s'excentre et plus il est compliqué de s'assumer en tant que LGBT dans des banlieues plus lointaines, ou plus difficiles", dit Emmeline, professeure dans un lycée de l'Essonne, qui dit subir des remarques, des insultes lesbophobes, dans la rue mais aussi dans son travail : "On a encore de gros soucis d'homophobie dans ces quartiers. C'est déjà une petite victoire d'être en banlieue aujourd'hui, mais il faudrait aller vers d'autres plus petites villes". 

"Depuis quelques années, il y a d'autres marches en France : cela participe du même travail de décentralisation. Ce projet tenait à cœur à beaucoup de personnes", explique Élisa Koubi, deuxième co-présidente de l'Inter-LGBT. En revanche, contrairement aux éditions précédentes, il n'y aura pas de "chars" sur lesquels danser, mais des véhicules sonorisés, autorisés par les pouvoirs publics.

Thèmes associés