Les Français ne dorment pas assez. C'est la conclusion du baromètre de Santé publique France qui parait ce mardi. Selon cette étude, le temps de sommeil passe pour la première fois en dessous des 7 heures minimales recommandées. En moyenne les Français dorment 6 heures 42 minutes par jour.

Le travail de nuit altère sensiblement la qualité du sommeil.
Le travail de nuit altère sensiblement la qualité du sommeil. © Maxppp / Frédéric Cirou

Le temps de sommeil ne cesse de décliner. En moyenne, "les Français dorment 6 heures 42 minutes par 24 heures en 2017, soit pour la première fois en dessous des 7 heures minimales quotidiennes habituellement recommandées pour une bonne récupération", est-il écrit dans "Le temps de sommeil en France", le baromètre de Santé publique France paru ce mardi. C'est donc la première fois que santé publique France enregistre un temps de sommeil aussi bas depuis la création du baromètre il y a 15 ans. 

Autre chiffre important, et qui va aussi dans le sens de ce déclin, le nombre des petits dormeurs, moins de 6 heures par jours, est de 36% soit un tiers de la population adulte... Cette donnée est préoccupante lorsque l'on sait que dormir moins de 6 heures par jour entraîne des risques graves pour la santé, (risques plus élevé d'obésité, de diabète, d’hypertensions, de problème cardiaques...).

Travail de nuit et temps de trajet

L'étude se penche sur les causes de cette perte de sommeil. La première identifiée depuis longtemps est l'augmentation du nombre de travailleurs de nuit qui est passé de 3,3 millions en 1990 (15% des actifs) à 4,4 millions en 2013 (16,3% des actifs). 

Il a été établi par ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) que les travailleurs de nuit risquent davantage de développer des maladies cardio-vasculaire ou d'être victimes d'accidents que les autres salariés. Pour les femmes, le travail nocturne est un facteur aggravant puisqu'il augmenterait le risque de développer un cancer du sein ou de rencontrer un problème au cours d'une grossesse. 

D'autant plus "que les travailleurs de nuit dorment en moyenne une heure de moins que les travailleurs de jour, donc l’équivalent d’une nuit de moins par semaine et de 40 nuits de moins par an", est-il précisé dans le baromètre.

Autre élément important pour expliquer cette détérioration de la qualité de nos nuits, l'allongement des temps de trajet. Dans les grandes villes notamment, les salariés mettent plus de temps pour aller ou revenir du domicile au travail. Et ce temps, ils le prennent le matin et le soir sur leur temps de sommeil. 

Série, réseaux sociaux, mails et messagerie.... Vous et vos proches passez sans doute aussi beaucoup de temps sur les écrans et c'est aussi au détriment des heures de sommeil puisque le numérique c'est une offre à la demande à n’importe qu'elle heure du jour et de la nuit. Ces nouveaux usages sont donc également une des causes de la détérioration de notre sommeil.

Comment améliorer son sommeil ?

On l'aura compris, notre sommeil est en danger et par conséquent nous aussi. Santé publique France propose quelques solutions simples pour améliorer vos nuits (et par conséquent, vos jours). 

En premier lieu, de ces recommandations, une chambre silencieuse et suffisamment obscure, dans laquelle on évite les leds, lumières d'alarme, les vibrations et sonneries de téléphone...

Un conseil à glisser à votre patron : dormir pour mieux travailler. Une sieste bien dosée, entre 20 et 30 minutes, permet de mieux se concentrer.

On peut faire des "réserves de sommeil". Si vous prévoyez une période de de travail intense avec coucher tard ou lever tôt, vous pouvez faire des réserves de dodos préventifs. Elles vous permettent d'affronter les périodes de restrictions. 

Enfin, une alimentation saine et équilibrée permet aussi une amélioration du sommeil. 

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