[scald=213249:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le président de l'entreprise française Spanghero S.A, mise en cause dans le scandale de la viande de cheval en Europe, a estimé vendredi que le gouvernement était "allé un peu vite" en l'accusant et que "la magouille" venait "d'ailleurs".

Le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon, a réaffirmé sur Europe 1 que suffisamment d'éléments avaient été réunis contre la société de Castelnaudary (Aude), soupçonnée d'avoir vendu de la viande de cheval pour du boeuf, afin de prouver "a minima de grosses négligences".

Il a toutefois ajouté que la société française, maillon d'un trading européen de viande, n'était probablement pas la seule responsable et a évoqué "la piste néerlandaise".

La viande de cheval retrouvée dans des préparations culinaires censément à base de boeuf était d'origine roumaine et avait transité par un trader chypriote, puis néerlandais, avant d'être redirigée par Spanghero vers l'usine luxembourgeoise du sous-traitant français Comigel.

"Je sais pas qui c'est, mais ce n'est forcément pas nous. Je suis sidéré. Je pense qu'on va faire la preuve de notre innocence", a déclaré Barthélémy Aguerre sur Europe 1.

Le premier vice-président de la coopérative basque Lur Berri, qui détient 90% du capital de Spanghero depuis 2009 et deux autres filiales (Arcadie et Labeyrie), assure détenir la preuve de son innocence.

"LA MAGOUILLE VIENT D'AILLEURS"

"Moi, je l'ai depuis qu'on a eu le problème: on a analysé des pains de viande, et on a trouvé dans certains du boeuf et du cheval mélangé, ce qui prouve bien que ce n'est pas Spanghero qui fait la magouille", a-t-il dit.

"La magouille vient d'ailleurs. Le gouvernement est allé un peu vite", a-t-il souligné.

Benoît Hamon a déclaré jeudi qu'il n'y avait pas de raison de douter de la bonne foi de la société roumaine qui a fourni la viande de cheval, correctement étiquetée selon le ministre.

"On a une palette sur laquelle on a retrouvé du bœuf et du cheval. Et nous n'avons pas touché les palettes. C'est bien une preuve", a plaidé Barthélémy Aguerre sur RTL.

"Pour nous, on a acheté de la viande de bœuf, on a vendu de la viande de bœuf. Il y a des étiquettes que nous avons reçues, nous les avons interprétées comme étant de la viande de bœuf", a-t-il insisté.

"Je suis atterré par ce qui a été dit par le gouvernement. Ça a été totalement imprudent", a-t-il ajouté, estimant que les déclarations de Benoît Hamon mettaient "en grande difficulté l'entreprise et les 300 personnes qui y travaillent".

L'entreprise Spanghero, qui précise employer 331 personnes, a été fondée en 1970 par les anciens rugbymen Claude et Laurent Spanghero.

"La famille Spanghero n'a rien à voir" avec cette affaire dont la justice a été saisie, a déclaré vendredi matin Benoît Hamon.

Sophie Louet avec John Irish

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