Aujourd'hui, les besoin exprimés auprès des bénévoles sont à 60% des demandes d'écoute et de conseil contre 56% pour l'alimentation. Les besoins changent, la solitude et l'isolement augmentent aussi bien dans les grandes villes que dans les zones rurales.

Quand être invisible devient le pire dénuement
Quand être invisible devient le pire dénuement © Maxppp / La Voix du Nord / Baziz Chibane

Il y a six ans, ceux qui se présentaient au Secours catholique venaient en premier lieu pour se nourrir. Désormais c'est le besoin d'écoute et d'accueil qu'ils mettent en avant, juste devant le besoin de manger. 

C'est ce qui ressort du rapport annuel du Secours Catholique, qui permet de dresser un état des lieux de la pauvreté en France.  Les familles, notamment monoparentales, sont de plus en plus pauvres. La part des personnes aidées sans absolument aucune ressource augmente encore (19%). Des situations aggravées par le regard de l'autre. Beaucoup disent souffrir des préjugés.  

Pour recréer du lien social et lutter contre le sentiment d'être "invisible", le Secours Catholique organise des cafés, des petit déjeuner, des occasions pour rencontrer d’autres personnes et nouer des liens. Des groupes aussi où on peut mener des activités ensemble (couture, cuisine, parole). 

Dans le 14e arrondissement de Paris, le local du secours catholique est ouvert aux enfants et aux parents chaque mercredi après-midi, pour rompre leur solitude.

Radia était seule, avec ses deux jeunes enfants, quand elle a osé pousser la porte du Secours Catholique : "Les gens sont à l'écoute on raconte nos problèmes nos difficultés. On se sent mieux. J'étais seule, je n'avais pas de famille. Ici c’est comme une famille." Radia suit des cours d’informatiques et de peinture. Les enfants dessinent dans un coin.

La pire des pauvretés c'est l'isolement

Linda est désormais bénévole après avoir été accueillie ici. Elle avait besoin de ce lien social raconte-t-elle : "Les problème financiers, on en a tous. Mais l’important c'est de ne pas se retrouver seule et pouvoir vivre et faire des choses quand même. Vivre tous simplement !". Rencontrer des gens m’a épanoui raconte Linda qui est partie avec d’autres en vacances en Tunisie.

Berta était du voyage. Bénévole depuis 20 ans, elle a vu la demande évoluer. Plus que des biens de première nécessité, les gens ont besoin d’écoute : "L’isolement c'est la pire des pauvretés. On s’est rendus compte que c'était un besoin crucial dans le quartier, c’est pour ça qu'on a crée 'dimanche ensemble' qui est ouvert toute l'année et ça ne désemplit pas. On sens que les gens ont seuls et ont besoin de remplir leur solitude."

Quand le Secours catholique a ouvert son local, il pensait à une aide pour les familles en difficulté, c’est devenu petit à petit un centre d’accueil et d’écoute, ouvert à tous, quels que soient leur culture et confession.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.