la hausse du nombre de cancers du sein inquiète les experts
la hausse du nombre de cancers du sein inquiète les experts © reuters

La ministre de la Santé Marisol Touraine a confirmé une nouvelle mesure de la loi santé, qui permettra aux personnes aujourd'hui guéries de ne plus avoir à signaler leur maladie aux banques et aux assurances. Une mesure qui changera leur quotidien.

Après des mois de contestation et réécriture, le projet de loi santé débute aujourd'hui son parcours législatif, avec d'abord l'examen en commission des Affaires sociales de l'Assemblée. Il va se poursuivre toute la semaine. Dans les mesures proposées sous forme d'amendement : le droit à l'oubli pour les anciens malades du cancer, atteints dans leur enfance comme dans leur vie adulte. Ces personnes aujourd'hui guéries sont actuellement obligées de signaler qu'ils ont été malades aux banques et aux assurances, ce qui les désavantageait et pouvait même les empêcher d'obtenir un prêt, par exemple.

Le reportage de Solenne Le Hen

Il y a deux ans, Valérie Hinaux a voulu créer son entreprise de vente de produits de bien-être pour les malades du cancer, comme des perruques. Il lui manquait 30 000 euros.Quand elle a présenté le projet, elle a eu immédiatement des accords de prêt, "mais la banque vous demande une assurance, or vous ne trouvez pas de compagnie d'assurance".

"Je serai malade à vie"

Pas d'assurance car Valérie Hinaux a eu un cancer du sein, guéri pourtant depuis sept ans. Après quatre tentatives, elle a finalement trouvé un assureur, mais "avec une surprime très importante, je paye 360 % de plus qu'une personne lambda ".

Je me sens tout à fait stigmatisée. J'ai eu un cancer, j'en suis guérie, je n'ai pas l'impression de présenter plus de risque le quidam qui traverserait la rue demain.Mais je serai une malade à vie.

Le droit à l'oubli mettrait fin à cette situation, pour Céline Lis Raoux, co-fondatrice de Rose magazine, une publication à destination des malades du cancer : "Un malade du cancer, dès lors qu'il demandera un prêt, pourra dans certaines conditions et pour certains cancers, ne pas dire qu'il a été en affection longue durée".

La question est désormais de savoir quelles maladies le droit à l'oubli concernerait, et à partir de combien d'années après la guérison.

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