Mais c'est quoi cette histoire a la con, ce mauvais film, cette nouvelle insupportable ? On vient d'apprendre la mort de Michel Boujut, l'ami et le confrère. Il était avec Jean-Louis Bory, Serge Daney, Jean Douchet, Jean Collet, Michel Perez et quelques autres celui qui m'avait donne l'amour du Cinema puis l'envie de la critique, cet art d'aimer. Michel ou la bonté incarnée. Michel qui vous écoutait avec attention et vous répondait avec intelligence. Michel et l'ironie mordante en embuscade : les cons n'avaient qu'à bien se tenir. Michel et son dernier "petit" livre ("Le jour où Gary Cooper est mort") presque un livre testament prémonitoire tant il le résumait à la perfection, lui l'ancien déserteur révolté devenu spectateur engagé des films de sa vie comme des films de son temps. Michel si souvent côtoyé dans des salles obscures. Michel et son sourire définitivement bienveillant. Michel quoi, dont on refuse ce soir la mort. Michel qui est bien vivant et pas seulement à travers le souvenir de sa voix chaleureuse ou celui de ses textes. Michel à qui l'on va penser dans les jours qui viennent en se demandant ce qu'il aurait dit de tel ou tel film nouveau. Et puis aussi Michel LE passeur de Claude Sautet à travers un livre irremplaçable sur ce cineaste majuscule. Michel enfin celui qui commençait souvent ses phrases par "Mais oui, c'est vrai, mais tu sais...". Michel n'est plus là et l'on ne s'y résigne décidément pas.

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