À compter de ce lundi, la Police nationale dispose de son propre compte Snapchat. Tenu par un policier "ambassadeur" choisi pour faire découvrir les métiers de la police, il est aussi un moyen pour l'Intérieur d'investir une plateforme où de nombreuses images de manifestations et de débordements ont circulé.

A 34 ans dont 14 dans la police, Anthony est devenu "ambassadeur Snapchat" et apparaîtra dans toutes les vidéos
A 34 ans dont 14 dans la police, Anthony est devenu "ambassadeur Snapchat" et apparaîtra dans toutes les vidéos © Radio France / JB

Après YouTube, Facebook et Twitter, la Police nationale arrive à partir de ce lundi sur un autre réseau social : Snapchat. Un compte officiel de la Police nationale, lancé lundi après-midi, proposera régulièrement (une fois par semaine, dans un premier temps), des contenus dédiés à la plateforme très utilisée par les jeunes internautes. 

Un policier pour incarner le compte

Aux manettes de ce compte, un policier, Anthony, 34 ans, dans la police depuis ses 20 ans. C'est lui qui a été nommé "ambassadeur" Snapchat de la police nationale, qui apparaîtra donc à l'écran sur les "stories" partagées par le compte. "Snapchat est un canal très direct : les institutions qui ont tenté l'aventure sans une personne qui incarne le compte, à qui les jeunes puissent s'identifier, le compte meurt très très vite", explique-t-il. 

L'opération de communication est chapeautée par le Sicop, le Service d'information et de communication de la police nationale. "Nous avons créé une cellule qui sera entièrement dédiée à Snapchat. Nous avons essentiellement cherché des profils de policiers et de contractuels qui sont fiers de servir l'institution", explique le chef de service, Michel Lavaud. 

En binôme avec un vidéaste rodé à YouTube recruté pour l'occasion, le policier choisi pour incarner l'image de l'institution réalise donc une série de vidéos pour lesquelles il parcourt la France à la rencontre de fonctionnaires de police : "La ligne éditoriale qui a été choisie, explique-t-il, c'est d'aller à la rencontre des collègues sur le terrain (...), de discuter avec eux pour qu'ils nous expliquent leur métier". "Ce sont des collègues que je ne connais pas au préalable : je suis chargé de prendre contact avec eux. Il y a une part de la prise de contact qui consiste à explique le projet parce que les collègues, comme beaucoup de personnes, ne voient pas ce que la police vient faire sur Snapchat".

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"Montrer une autre réalité"

Se déployer sur Snapchat vise a toucher un public plus jeune (les 15-25 ans sont la première cible de cette application), et qui n'est pas un public facile pour la police, sur une plateforme connue pour avoir permis la diffusion de nombreux enregistrements de débordements, notamment au moment de la crise des "gilets jaunes". "Snapchat est le seul réseau social où, lorsque vous ouvrez l'appli, elle est prête à filmer. C'est donc un canal très direct, on sait qu'on a beaucoup de vidéos polémiques qui y ont été postées (...). Il était important pour nous aussi d'être sur réseau pour montrer une autre réalité, montrer que la police c'est avant tout un service à la personne, c'est un service public", explique Anthony. Dans une période où les réseaux sociaux jouent un rôle essentiel dans le débat sur le comportement de la police, ce compte Snapchat représente un véritable enjeu de communication. Pour Michel Lavaud, chef du Sicop : 

"Si nous n'allons pas à la rencontre de cette communauté, que nous ne touchons pas jusqu'à présent, le danger, c'est que finalement, leur image de la police nationale se résume à des raccourcis qui circulent souvent, et qui serait leur seule source d'information".

Tout l'enjeu de ce compte, pour les équipes qui travaillent dessus depuis plusieurs mois, c'est de trouver l'équilibre entre une communication institutionnelle et un ton qui se veut "décalé", inspiré des tendances actuelles des réseaux sociaux – la possibilité de collaborations avec des influenceurs n'est pas exclue, par ailleurs. Sur la première des vidéos, le policier se présente donc dans un montage survolté façon YouTube, et parsemé de quelques blagues : "Ce sont des mini-reportages de pas plus de trois minutes, qu'on veut dynamiques, avec de la musique (...) Bien sûr qu'on ne pourra pas tout faire, parce qu'à travers nous c'est la Police nationale qui s'exprime. Mais une confiance s'est installée avec ma hiérarchie, qui nous laisse une grande liberté de proposition". 

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Une fois le compte lancé, un "bad buzz" est-il redouté ? "Il y a une prise de risque, dès le début. Mais il faut assumer clairement ce qu'on fait. On n'aura pas de regrets, même si on n'est jamais à l'abri de messages haineux, de vidéos détournées, mais ça fait partie du jeu. La difficulté, c'est de trouver le bon ton, de ne pas tomber dans la parodie, sinon l'effet escompté ne sera pas là et finalement, on sera tourné en ridicule". Avec une vidéo par semaine pour commencer, le compte espère monter en puissance petit à petit.