Ces fichiers informatiques collectent des informations sur vous, et la Commission européenne voudrait que vous puissiez les refuser plus facilement. Mais est-ce bien utile ?

Bruxelles veut moins de cookies
Bruxelles veut moins de cookies © Maxppp / Pfeiffer, J./picture alliance / Arco Images G/Newscom

Dans une proposition présentée mardi, la Commission européenne envisage de nouvelles mesures de protection de la vie privée. Cela passe par des contrôles plus strictes des services de messagerie comme GMail, WhatsApp ou iMessage, mais aussi par un meilleur contrôle des cookies, largement utilisés par la plupart des sites internet.

Qu'est-ce qu'un cookie ?

C'est un fichier texte de petite taille, stocké localement (c'est-à-dire sur le disque dur de votre ordinateur) et qui enregistre des données utiles aux sites que vous visitez. Cela sert notamment à se souvenir de vous si vous êtes connecté (et donc à vous éviter de toujours entrer votre mot de passe lorsque vous visitez souvent un site), ou à retenir certaines de vos actions (par exemple le contenu de votre panier sur un site de vente en ligne, même si vous changez de page entretemps).

Pourquoi le cookie passe mal ?

Évidemment, même si le cookie en soi est stocké de votre côté d'Internet, il est tout de même exploitable par le site qui l'a créé. Et il peut aussi permettre d'en savoir plus sur votre navigation sur un site et sur Internet. Un cookie peut par exemple permettre de savoir quelles pages vous avez visitées, dans quel ordre, combien de fois vous êtes venus sur le site en question, quelles pages vous ont le plus intéressé, etc. Toutefois, c'est loin d'être la seule possibilité pour pister un utilisateur sur Internet : le cookie a donc parfois bon dos. Même s'ils sont souvent utilisés, notamment, pour proposer des publicités ciblées, en lien avec ce que votre navigation sur internet apprend de vous.

Les nouvelles mesures ne concerneraient que les cookies les plus "intrusifs". Et pas, notamment, ceux permettant simplement de faciliter votre connexion à un site ou de se souvenir de vos préférences.

Du coup, on interdit les cookies ?

Non, mais la Commission veut aller encore un peu plus loin que la situation actuelle (à savoir une obligation d'informer l'utilisateur que le site qu'il visite utilise des cookies). Elle souhaite que les sites demandent à l'utilisateur son accord pour stocker certaines données. "Il revient au citoyen de dire oui ou non", explique Andrus Ansip, vice-président de la Commission chargé du marché unique numérique. Le problème, selon les annonceurs en ligne, c'est que mettre en place ce consentement obligatoire risque de coûter très cher (au détriment des sites plus modestes, et sans grande conséquence sur les "gros poissons") et que les revenus de la publicité, beaucoup plus difficile à cibler, baissent eux aussi fortement, impactant le financement des sites et les empêchant, dans certains cas, d'offrir des services gratuits.

Plus globalement, le consentement de l'utilisateur est souvent faussé par la nécessité ou l'envie d'accès au service. Si demain vous souhaitez vous connecter à votre compte Facebook, et qu'il vous demande d'accepter l'utilisation de vos données pour pouvoir continuer, il y a peu de chances que vous répondiez non et que vous renonciez à y accéder. Idem si l'on vous demande de répondre "oui" avant de pouvoir commander un produit sur un site de ventes ou pour pouvoir lire vos mails.

Une société ne respectant pas les nouvelles dispositions risquerait une amende pouvant aller jusqu'à 4 % de leur chiffre d'affaires mondial. La mesure doit encore être approuvée par le Parlement européen et les pays membres.

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